Abattoir du Boischaut : Il faut améliorer les conditions d’abattage

« Il faut améliorer nettement les conditions d’abattage des animaux en renforçant les investissements, la formation et le contrôle dans les abattoirs de proximité. »

La diffusion de vidéos chocs montrant des cas de maltraitance animale au sein de l’abattoir du Boischaut, dans l’Indre, par l’association « L214 éthique et animaux », a légitimement ému les consommateurs.

Derrière le choc des images, loin des abattoirs industriels bien équipés, il y a la réalité des filières de viande en circuit court, confrontées à la raréfaction des structures d’abattage. Et la fermeture de nombreux abattoirs de proximité s’ajoute aux nombreux problèmes de l’agriculture paysanne dans les zones difficiles.

La Région Centre Val-de-Loire, dans le cadre de l’adoption de sa stratégie alimentaire, a réaffirmé l’importance à donner aux circuits courts et à la relocalisation des filières agricoles de l’alimentation. Nous préconisons à la fois d’aller vers une alimentation de qualité, moins riche en protéine carnée, et de mettre en place et de renforcer des outils de transformation, dont les abattoirs de proximité font partie.

Les élus écologistes du Conseil régional souhaitent donc réaffirmer :

–       le soutien à un élevage s’inscrivant à la fois dans le respect de l’environnement, de la bientraitance animale, de la relation hommes-animaux et des exigences éthiques des consommateurs ;

–        l’importance de l’élevage pour le stockage du carbone dans les prairies, pour le maintien de la fertilité des sols sans engrais chimique, et pour les fonctions agro-écologiques et culturelles des paysages tels que les bocages ;

–    la nécessité, pour soutenir l’élevage paysan, d’investir dans des unités de transformation et notamment dans des abattoirs de proximité.

En mars dernier, alors ministre de l’agriculture, Stéphane Travert prétendait lancer une « stratégie nationale en matière de bien-être animal ». Il est temps d’accélérer la mise en œuvre des priorités concernant la « protection des animaux à l’abattoir ». Et il faut pour cela que l’Etat dote ses services de moyens suffisants en matière de capacité de contrôle et d’accompagnement, mais aussi qu’il engage un plan d’investissement et de formation pour les abattoirs de proximité, pour assurer leur pérennité et garantir des conditions d’abattage dignes.

Le groupe écologiste au Conseil régional Centre-Val de Loire préconise la mise en place d’un groupe de réflexion et de suivi des abattoirs du territoire régional  – composé de façon suffisamment équilibré et intégrant notamment des salariés – chargé de repérer les problèmes éventuels et de faire des propositions d’amélioration de leur fonctionnement, de la formation et de l’accompagnement des salariés de la filière pour assurer la pérennité de ces structures de proximité. Ces préconisations devront ensuite servir de base à la redéfinition des politiques publiques, en particulier celle du Conseil régional.

 

Les élus du groupe écologiste au Conseil régional Centre-Val de Loire