Aéroport de Tours : stop ou encore ?

Lors de la dernière commission permanente du Conseil régional, le groupe écologiste s’est opposé au financement d’études pour l’aménagement et le développement de l’aéroport de Tours.

Nous aurions voté pour s’il s’agissait de lancer une véritable réflexion sur l’avenir de cet aéroport dans la perspective du départ de l’école de chasse (2021) et de la fin de la délégation de service public (2022), en s’ouvrant à tous les possibles et donc y compris en étudiant l’hypothèse de la fermeture de cet aéroport.

Au contraire, et bien que nous ne disposions que de très peu d’éléments concrets sur les études qui vont être réalisées, il y a déjà manifestement une volonté d’organiser le transfert de l’aéroport de Tours de l’Etat au Syndicat mixte, de le réaménager et de le développer. Faut-il rappeler que notre Région s’est engagée en votant son projet de SRADDET en décembre 2018 à élaborer une stratégie aéroportuaire régionale ? Celle-ci ne sera-t-elle donc que la compilation des plans de développement de chaque aéroport ?

Avec le départ de l’école de chasse, un grand nombre de charges vont bientôt retomber inéluctablement sur le trafic civil. Aujourd’hui, les collectivités (Métropole, Département, Région) paient au total 3 millions d’euros par an pour faire vivre l’aéroport de Tours, sans compter les avances (sensées être remboursées un jour) qu’elles doivent consentir pour suppléer la CCI de Touraine défaillante. Demain, elles devraient mettre beaucoup plus sur la table, c’est-à-dire subventionner encore plus fortement des émissions de CO2 !

Les émissions de CO2 liées à l’avion ont progressé de 57 % entre 2000 et 2016 et la tendance est amenée à se poursuivre compte tenu du développement en cours du trafic aérien. Dans la perspective de « zéro émission nette » durant la seconde moitié du 21ème siècle décidée par l’Accord de Paris, cette hausse des émissions du transport aérien conduira à reporter sur d’autres secteurs les efforts d’atténuation. Cela n’est pas raisonnable !

Alors que la jeunesse manifeste pour le climat, alors que la Région Centre-Val de Loire mobilise les acteurs du territoire pour répondre aux urgences climatique et sociale dans le cadre de la « COP régionale », nous considérons que les questions du financement public et de l’avenir de l’aéroport de Tours doivent être réévaluées et débattues démocratiquement. Il est nécessaire d’ouvrir, sans tarder, sans tabou, le débat sur l’opportunité de continuer à financer l’aéroport de Tours, en investissement comme en fonctionnement.

Les élu-e-s du groupe écologiste au Conseil régional Centre-Val de Loire