Agriculture : réponse à l’amendement UDC pour financer des retenues collinaires

Intervention de Michelle Rivet

Notre région est une des premières régions d’irrigation, avec 20% de ses exploitations qui y ont accès contre moins de 10% en moyenne en France.

Pour donner un ordre de grandeur, le volume déstocké pour soutenir l’étiage de la Loire cet été (233 millions de mètres cubes), a été quasi équivalent au volume prélevé par l’irrigation dans toute notre région.

Parallèlement, les territoires du Sud régional et des sources du fleuve ont été au bord de la pénurie d’eau. Tout près du territoire régional, la population de Guéret a dû diviser par trois sa consommation d’eau potable et a passé la crise de justesse.

Nous sommes tous conscients aujourd’hui que ces épisodes vont se multiplier et s’amplifier.

Dans ce contexte, est-il raisonnable de penser comme le fait le groupe Union de la Droite et du Centre que la solution est plus d’irrigation ? et de promettre des retenues d’eau comme l’a fait inconsidérément le ministre de l’Agriculture ?

Alors que nous aurons globalement moins d’eau, qui pourra avoir de l’eau pour irriguer demain ? Les agriculteurs de l’amont qui réclament des retenues ou ceux de l’aval qui l’utilisent et veulent des bassines ? Comment réguler entre eau potable et besoins économiques ? Et qui portera la défense du milieu naturel, toujours oublié, alors que l’effondrement de la biodiversité s’avère le plus massif en eau douce (plus de la moitié des populations d’espèces d’eau douce en moins en 50 ans a disparu) ?

Alors non nous ne voterons pas cet amendement qui veut perpétuer le pillage des ressources naturelles plutôt que faire évoluer nos modes de vie et de production. D’autant que ce serait encore une fois donner à quelques uns des agriculteurs et non d’occuper de tous.

Cet amendement de l’UDC a été rejeté dans les conditions suivantes :

  • 37 voix pour (groupe UDC, groupe RN, Pierre Commandeur et Fabien Verdier)
  • 38 voix contre (groupe écologiste, groupe SRD)