Aides économiques, vers le nécessaire équilibre

J’illustrerai mon propos sur ce bilan 2018 des aides économiques en évoquant un point de divergence sur les choix d’innovations accompagnés, des avancées sur la transition écologique de l’économie et un souhait pour la transformation écologique de l’industrie régionale

Une divergence de vision sur l’innovation, la Recherche et le développement : Pour les écologistes, le soutien à l’innovation des entreprises devrait servir avant tout la transition écologique, le progrès social et démocratique, plus que l’innovation numérique de l’activité économique. Nous ne sommes pas anti-numériques mais un rééquilibrage semblerait plus juste et plus en phase avec l’urgence de la transformation écologique de l’économie.

Nous devons aider des entreprises qui sont éloignées des grands centres urbains et qui ne bénéficient pas des mêmes infrastructures que les autres. Elles font vivre des territoires ruraux et procurent de l’emploi à une population pour qui les opportunités sont rares. Les aides économiques doivent atténuer les disparités territoriales.

Nous devons également financer l’innovation tout en nous assurant que l’argent public ne va pas à des projets qui pourraient être financés sur fonds propres par les entreprises. Il n’y a aucune raison d’aider ceux qui ont les moyens de leur développement au détriment de ceux pour qui une aide régionale à un effet levier déterminant pour leur développement.

Les projets qui participent à la transition écologique de notre économie doivent être accompagnés par notre collectivité car au-delà de l’aspect vertueux de leur activité, ce sont les entreprises qui créent les emplois de demain. La nécessaire transition de notre économie vers des activités non polluantes ou de démantèlement d’activités dangereuses pour notre santé nécessite une part importante de nos aides car le potentiel de croissance pour ces entreprises est énorme sur l’ensemble du territoire national voire européen.

Une avancée sur les aides économiques dédiées à la transition écologique : Lors de la dernière session sur le bilan du SRDEII, nous avions rappelé que 41M€ bénéficient à la transition écologique de l’économie pour la période 2015-2020, financés à parité entre la Région et l’ADEME. En tout, c’est seulement 7M€ dont 4 de la Région qui sont consacrés à la transition écologique des entreprises, hors secteur agricole. Pourtant, les choses avancent et les budgets doivent augmenter. Je pense au travail mener par Charles sur le déploiement des Plateformes Territoriales de Rénovations Energétiques, le développement de l’économie circulaire et sur l’écologie Industrielle et Territoriale.

Nous sommes la 1ère Région dotée d’un plan de déploiement des Plateformes Territoriales de Rénovations Energétiques (PTRE) articulé autour de 3 axes : formation-conseil aux particuliers, accompagnement à la montée en compétence des professionnels et un financement optimisé.

Le développement de l’économie circulaire avec l’élaboration du Plan Régional d’Actions en faveur de l’Economie Circulaire (PRAEC) articulé autour de 3 axes stratégiques : mettre en mouvement les acteurs, conjuguer compétitivité économique et transition écologique et développer les projets collaboratifs des territoires. De plus, la Région et l’ADEME ont lancé le 5ème Appel à Projet avec 9 projets sélectionnés pour un montant de 759 000€.

Le lancement de l’expérimentation d’Ecologie Industrielle et Territoriale (EIT) sur sept zones d’activité pilotes situées de Bourges à Loches en passant par Ormes. Issu du protocole d’accord régional pour faire de la transition écologique et énergétique une opportunité de développement des entreprises signé entre l’ADEME, la Région Centre-Val de Loire, la CRMA et la CCIR, cette expérimentation est mise en place et animée par le réseau consulaire et financée par la Région et l’ADEME à hauteur de 450 000€.

Je pense également à l’aide régionale dédiée aux études énergétiques à destination des entreprises qui a triplée en 2018. Ce sont majoritairement des opérations d’audit énergétique de copropriétés.

Néanmoins, pour la seule part Région dédiés aux aides économiques, cela reste 5M€ sur 38M€ dédiés à la transition écologique des entreprises pour 2018, si on intègre la hausse des opérations d’audit énergétique. Nous pouvons mieux faire.

Un souhait pour que l’évaluation sur la pertinence de nos aides que nous considérons comme nécessaire se mette enfin en place.

Je souhaite également vous parler des activités liées à l’économie sociale et solidaire. Elles représentent une part toujours plus importante de notre économie et donnent du sens au travail des salariés de ce secteur. Une nouvelle génération entre dans la vie active et cherche à mettre en accord ses engagements personnels en faveur de l’environnement et son activité professionnelle. Il faut voir ce changement d’aspiration de nos jeunes comme une chance pour nous engager résolument dans la transition écologique de notre économie.

A l’heure où le climat se dérègle sévèrement, il devient vital pour l’économie régionale d’avancer plus vite et plus fort pour soutenir la conversion écologique des secteurs économiques régionaux. Gouverner, c’est anticiper. De la même manière que le secteur automobile pense la mutation de son activité dans la perspective de la fin du diesel, il nous faut penser d’autres filières industrielles et la reconversion de nos industries dans un contexte de transition écologique de l’économie et de la société.

Jean-Philippe Grand