Alimentation et santé

Intervention d’Alix Téry-Verbe

Monsieur le Président, chers collègues, lors d’une intervention précédente sur la prévention et la promotion de la santé des jeunes, je vous rappelais l’engagement depuis 2010 de la Région Centre-Val de Loire dans le cadre de son programme « Lycéens, apprentis, bien dans son corps, bien dans sa tête ».

Promouvoir la santé des jeunes c’est prémunir les adultes de demain contre des pathologies chroniques évitables. Et de la nécessité de donner les clefs aux jeunes pour qu’ils puissent mener leur propre réflexion sur les choix qu’ils souhaitent faire pour leur avenir.

Dans le cadre de cet appel à projets, il nous est apparu important de soutenir et motiver les projets sur les thématiques de l’alimentation : des journées en direction des équipes éducatives des lycées ont donc été organisées pour aider l’émergence d’actions permettant aux jeunes de s’approprier un atout majeur de leur santé, la nourriture qu’il apporte à leur corps et comment leurs choix influent sur leur environnement.

Cette année, dans le cadre du partenariat avec l’ARS sur la contraception, des kits conçus par l’association Génération cobayes ont été mis à disposition des élèves pour apprendre à mener une réflexion plus large dans les choix à mener dans leur vie quotidienne notamment en terme d‘alimentation…

« L’alimentation est notre première médecine », disait déjà Hippocrate. Les politiques publiques oeuvrent pour améliorer l’équilibre nutritionnel (au travers notamment des Plans Nationaux Nutrition Santé) avec des recommandations générales (moins de sel, moins de gras, moins de sucre, plus d’éléments nutritifs tels que fruits, légumes, céréales…) mais elles occultent malheureusement trop souvent le problème de la contamination chimique de l’alimentation.

Il y a une méconnaissance de cette contamination. Dans le cadre de la mise en place du PRSE3, j’ai particulièrement été marquée par le peu de données concernant la contamination des produits alimentaires au niveau régional dans le cadre du diagnostic effectué par l’Observatoire régional de la Santé. Pas ou peu de recherche sur les pesticides, perturbateurs endocriniens et cumul d’additifs… et encore moins sur l’effet « cocktail » de l’addition de tous ces produits !

N’oublions pas encore la contamination par l’industrie alimentaire. Les pouvoirs publics ont tendance à privilégier une vision « hygiéniste » (absence de risque microbiologique) certes indispensable, mais ils ont minimisé là encore trop souvent le risque chimique !

Le vœu que nous avons voté à l’unanimité lors de la dernière session nous permettra de nous donner les moyens de palier ce manque et de mettre en place un plan d’actions pour limiter l’impact des PE.

Il est important de faire le lien entre notre environnement et notre assiette et de l’importance d’un changement dans le cadre de nombreuses activités pour améliorer la qualité de nos aliments : on pense bien sûr à l’agriculture pour les fruits, légumes, céréales, le lait, les œufs, la viande… mais n’oublions pas l’impact de toutes les autres activités sur les milieux naturels… et la consommation des poissons par exemple, sans parler de l’eau que l’on boit tout simplement !

En tant que collectivité territoriale, la Région a la possibilité, par le biais de la restauration collective dont elle a la charge dans les lycées, d’utiliser ce levier pour à la fois faire évoluer les consommations, préserver la santé des générations futures et favoriser une agriculture de proximité et biologique ! C’est d’ailleurs l’axe 1 de la future stratégie alimentation qui nous est présentée aujourd’hui, dont nous pouvons nous féliciter.

Je vous remercie