Bilan des aides économiques attribuées en 2019

Intervention de Benoît Faucheux

Ce bilan 2019 arrive à un moment très particulier, et l’analyse que nous allons en faire est forcément marquée par la situation dans laquelle nous nous trouvons suite à la pandémie et ses conséquences, en particulier le confinement planétaire.

Mais déjà avant la pandémie, le groupe écologiste aurait insisté sur le fait que les aides régionales sont fortement tournées vers la R&D et le développement des entreprises, mais ne sont pas suffisamment un levier pour la transition écologique et sociale de l’économie. Nous avons finalement une approche trop classique, = datée, tournée vers la compétitivité à court terme et ne s’inscrivant pas assez dans une vision de long terme.

Ces aides ne sont pas assez ciblées. Beaucoup de grandes entreprises qui pourraient financer leurs projets sur fonds propres n’ont finalement pas besoin de cet argent public.  Par exemple, nous avons subventionné MBDA France (fabricant de missiles) pour près de 200 000 euros alors que cette entreprise a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires de 1,7 milliard d’euros et un bénéfice de 98 millions. Au-delà du bénéfice de cette société, nous sommes convaincus que le soutien au secteur de la Défense est une compétence régalienne et que c’est donc à l’Etat et à lui seul de s’en occuper.  Autre exemple, près de 400 000 € de subventions à NOVO NORDISK (produits pharmaceutiques) : avec un CA 2018 de 163 millions et 14 millions de bénéfices, ont-ils vraiment besoin de ce soutien de la Région ?

Des projets sans effet levier comme ceux-là, ou sans intérêt voire néfastes sur le plan social et environnemental, nous en avons comptabilisé pour 12 millions d’euros sur l’année 2019, ce qui nous permet d’identifier des marges de manœuvre pour l’avenir.

2019, c’est aussi des financements pour l’ESS, en particulier CAP asso en baisse de 500 000 €, soit 80 postes en moins !

Un mot sur les départements qui consacrent près de 4 millions d’euros aux politiques économiques optionnelles, alors qu’ils ont bien du mal à financer leurs compétences obligatoires, en particulier les politiques de solidarité…

Enfin, note positive, en 2029, l’aide au bio progresse, même si cette progression est moins rapide que les conversions en bio ! Notre Région continue à soutenir fortement les Très Petites Entreprises et aux commerçants et artisans qui forment le tissu économique de proximité, les plus importants pour la vie de nos territoires et de leurs habitants et qui ont un fort impact sur la transition écologique et sociale.

Mais aujourd’hui, la situation est bien différente. De très nombreuses entreprises, de toutes tailles, sont dans une situation dramatique. D’autres utilisent la période pour réaliser des restructurations qui étaient déjà dans les cartons. De nombreux emplois vont être détruits, et des entreprises vont mettre la clef sous la porte. Fragilités économiques et sociales, qui s’ajoutent aux douloureuses conséquences sociales du confinement, qui a plus durement frappé les plus pauvres de notre société.

Le confinement a provoqué un ralentissement très fort de l’activité, et un recentrage sur l’essentiel. Pour beaucoup de français et d’habitants de cette planète, cette période a provoqué des interrogations très fortes, sur l’avenir de notre société et sur le sens de leur vie.

Et enfin, les finances publiques de l’Etat et des Régions ont été fortement sollicités, pour faire du sauvetage du tissu économique et ce n’est sans doute qu’un début. Dans ce contexte nous devons redoubler d’efforts pour prioriser.

Et donc nous interroger sur les nouvelles priorités de soutien à l’économie que nous devons définir ! Ces priorités font partie du plan « Pour une région écologique et résiliente » que notre groupe a élaboré, que nous avons présenté au président François Bonneau et dont la DM1 permet de commencer la mise en œuvre. Voilà donc, Chers collègues les orientations que nous proposons pour permettre au tissu économique de notre région de passer le cap de cette période difficile et de préparer l’avenir.