Point d’étape du SRDEII

Intervention de Christelle de Crémiers

La situation économique de ces dernières années est inédite sur plusieurs points. Et c’est la région qui est compétente en tant que chef de de file.

Les Trente Glorieuses ont marqué les esprits non seulement parce que ça se passait bien et que c’est forcément plus agréable, mais surtout parce que ce qui se passait dans la réalité c était exactement ce que disait la théorie économique. Que l’investissement crée la croissance qui crée l’emploi. D’ailleurs la moindre annonce de recrutement d’une entreprise était suivie d’une embauche dans la journée. Elles étaient nombreuses et on était dans le plein emploi.

Ensuite sont venues les Trente piteuses pendant lesquelles on a vu l’endettement public et privé croître de manière inouïe, les investissements et l’innovation stagner et le chômage dit structurel croître. Les annonces des entreprises se sont raréfiées, les chômeurs était prêts à tout pour trouver un emploi. La encore, les analystes économiques y retrouvaient leur latin. Pas d’investissement, pas de croissance, pas d’emploi. C’était pas bien, mais c’était logique.

Depuis cinq ans environ on a commencé une nouvelle phase. Et celle-ci ne correspond plus du tout à ce qu’enseigne la théorie économique. Les annonces de recrutement des entreprises restent désespérément lettre morte, tandis que le chômage stagne voire augmente si on s’attache à compter réellement selon les critères du BIT. Les offres de formation ne sont pas consommées. Ce n’est pas du fait d’une formation inadaptée comme l’a affirmé un peu rapidement Guillaume Peltier. Mais on pourrait évoquer plutôt une très profonde déstructuration sociale et économique. Des personnes et des petites entreprises sans repères et sans accès à la liquidité. Cela est le cas également dans le Giennois ou nous co pilotons avec l’Etat la mise en œuvre du dispositif DÉFI dans les domaines de l’artisanat et du service à la personne en plus des projets industriels soutenus par l’Etat dans le cadre du label Territoire d’Industrie.

Dans cette situation paradoxale, notre région a choisi de sortir des sentiers battus.

En premier lieu, elle joue pleinement son rôle d’ensemblier en fédérant toutes les initiatives pour rapprocher de la manière la plus fine possible les aspirations personnelles, les besoins des entreprises et l’accès à la liquidité. Ainsi, la région a construit un véritable maillage territorial pour que les réseaux comme Initiatives Centre, les chambres consulaires, France Active Centre Val de Loire Ardan Centre, les Brgm, la formation pro, les structures de l’Etat… fassent au quotidien un travail de dentelière pour les entreprises et les emplois, cas par cas, métier par métier.

En second lieu, la région souhaite orienter les échanges économiques vers leur relocalisation territoriale. La relocalisation fait partie des axes principaux des politiques régionales du tourisme et de l’alimentation. Nous pouvons citer deux actions emblématiques. A travers son Comité Régional du Tourisme, la région a mené deux expérimentations, une dans le Gatinais et l’autre dans le Sud du Cher, qui ont vocation à être généralisées à la demande pour le développement territorial à travers le tourisme. Le message est clairement posé : il n’y a pas de territoire qui puisse être exclu a priori d’une activité économique liée au tourisme. Côté alimentation, le comité spécialisé de Devup « (c) du Centre » a adopté à l’unanimité le principe de sourcer les produits transformés sur le territoire régional avec une majorité d’ingrédients issus de nos productions locales.

Ce sont autant d’exemples qui montrent comment produire et consommer autrement.