Biodiversité : apprendre à aimer la nature

Intervention de Christelle de Crémiers

 

La proportion d’espèces et d’habitats naturels menacés est en constante augmentation, tandis que l’artificialisation des sols se poursuit à un rythme soutenu. La création de l’ARBe dans le cadre de la Loi sur la Biodiversité permet à la Région d’être parmi les premières régions en France à disposer d’une agence dont les missions de sensibilisation et d’observation sont les plus complètes possibles, dans la continuité de l’attention ancienne portée à la préservation de la biodiversité par l’exécutif régional.

 

La mission de prévention par la sensibilisation et l’éducation ne doit pas cependant être portée seulement par l’Agence, mais doit se traduire de manière transversale dans l’ensemble des politiques sectorielles. Dans les activités éducatives des élèves bien évidemment, dans les écoles agricoles, mais aussi dans les écoles hôtelières. En effet, le travail sur des produits bruts et la connaissance des différentes espèces ne sont tout simplement pas au programme. Cette transversalité, à la faveur de la création de l’ Agence régionale, constitue une nouvelle perspective pour les élus. Apprendre à aimer la nature est sans doute l’enseignement le plus urgent à l’heure où les équilibres écologiques dont les humains dépendent, basculent.

 

Le tourisme de nature, pilier de la stratégie précédente, est reconduit et amplifié dans la stratégie actuelle. Celle-ci ambitionne de renforcer la notoriété de la Région Centre Val de Loire d’une nature préservée, sécurisée et accessible. Le tourisme dans la nature inclut les itinérances douces qui structurent l’ensemble de la politique touristique et la découverte de la nature est considérée comme une activité de tourisme et de loisirs à part entière.

 

Dans la future stratégie régionale pour l’alimentation, la qualité nutritionnelle devient à la fois un signe distinctif et un signe de reconnaissance qui se déclinera dans les actions de promotion dans les salons, les marchés et les établissements. Elle est le résultat de plus de naturalité à la fois dans la production, en agriculture biologique, et dans la transformation où les transformateurs qui ont choisi le zéro additif chimique seront mis en lumière. La stratégie pour l’alimentation répond et confirme l’attention et le souhait des consommateurs pour de aliments produits et transformés de manière plus naturelle. L’attention pour les fermes et la compréhension du travail de paysan est grandissante dans le public. La politique en faveur des produits du terroir contribue à la sensibilisation à la biodiversité domestique et donc à la préserver. Le Graine a lancé un nouveau défi aux familles de la région pour augmenter la part de produits biologiques, tout en créant de nombreuses occasions de rencontres avec les agriculteurs locaux.

 

Cependant, la pression de la construction des bâtiments et des travaux publics et de l’exploitation des ressources, ainsi que l’augmentation des produits polluants, exige également des politiques de contrôle, de police de l’environnement et de véritables outils juridiques pour empêcher des actions irréversibles de se produire en continu. C’est ce message que la nouvelle Agence régionale saura adresser à l’Agence française pour la biodiversité car c’est elle qui en a la compétence.