Portrait Gilles Deguet

Biodiversité et rivières

Intervention de Gilles Deguet 

Monsieur le Président, chers collègues, Madame la vice-présidente, nous y voilà !

Je ne fais certes pas de ce rapport un aboutissement, et je sais qu’au contraire toute l’action est devant nous. Mais quel travail en une année ! Et ce n’était pas facile ! Comme tu l’as dit à plusieurs reprises, la prise de conscience s’est pratiquement faite sur les changements climatiques, mais pas encore sur les enjeux de la biodiversité. La biodiversité, cela a longtemps été les pandas et les baleines ; cette première sensibilisation affective est importante, mais il fallait s’appuyer sur elle pour aller plus loin, sous peine de s’exposer à l’agacement devant l’intérêt pour les petites bêtes comme tu l’as souvent entendu. La biodiversité est un enjeu humain de première importance. Cette stratégie complète et complexe en atteste. 

En rivières, la biodiversité animale, c’est les poissons, mais aussi les invertébrés et même les diatomées, organismes monocellulaires qu’on classe indifféremment dans les végétaux et les animaux, et c’est toute la chaîne qu’il faut préserver. Dans cette chaîne, les poissons migrateurs qui vivent dans un milieu et se reproduisent dans un autre sont particulièrement fragiles. On n’arrive pas à faire repartir la souche du saumon de Loire, les aloses et les lamproies reviennent lentement, et c’est maintenant l’anguille dont les effectifs baissent de manière vertigineuse. Ces espèces sont emblématiques de ce qu’il faudra faire pour devenir une région à biodiversité positive.

D’abord rétablir la continuité écologique. La trame bleue c’est nécessaire pour toutes les espèces, mais c’est décisif pour des espèces qui s’éteignent immédiatement si les géniteurs ne peuvent pas atteindre les lieux de frai. Donc l’effacement des seuils sera bien un axe majeur de la politique que nous menons avec l’agence de l’eau dans les contrats de rivière. Mais cette action ne saurait suffire: il faut aussi que les poissons puissent vivre dans leur milieu ; c’est dire que tout contrat de rivière devra aussi comporter un important volet de lutte contre les pollutions diffuses, pesticides et nitrates en particulier.

Je n’ai abordé ici que le plan d’action n° 27. Il y en a 32, c’est dire le travail qui nous attend dès demain.

 

 

Session des 20 et 21 Octobre 2011
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Rapport : Stratégie régionale pour la biodiversité

Annexe : Stratégie régionale pour la biodiversité