Biodiversité : permettre le retour de la nature en ville

Intervention de Jean-Philippe Grand

Nous constatons tous qu’il fait de plus en plus chaud chaque année. Nos villes amplifient le phénomène par l’imperméabilisation des sols et leur côté toujours plus minéral. Nous enchaînons des saisons toujours plus sèches. Lors des épisodes de canicule, les écarts de température entre l’urbain et le rural sont toujours plus importants. Figurez-vous qu’il peut y avoir 7 degrés d’écart entre la place du Martroi et les Groues, notre poumon vert orléanais !

Oui, nos villes sont de plus en plus minérales et nous devons inverser la tendance. Certains croient que la climatisation est la solution. La réalité, c’est que la climatisation réchauffe encore davantage les zones urbaines. Elle aggrave le problème ! Alors une bonne façon de protéger la biodiversité tout en s’adaptant aux effets du réchauffement, c’est de permettre et d’accélérer le retour de la nature en ville : celle qui permet de réduire la consommation d’eau et qui permet le retour de la faune aujourd’hui disparue.

Car au-delà de cet enjeu climatique, il faut savoir que les milieux urbains peuvent constituer des refuges pour de nombreuses espèces animales et végétales, du fait de la destruction des espaces naturels et du fait de l’expansion des milieux agricoles intensifs, peu favorables à leurs besoins. Une gestion judicieuse des espaces verts est donc fondamentale pour favoriser et préserver la biodiversité en ville. La proportion entre espaces imperméabilisés et espaces verts, ainsi que l’aménagement de ces espaces verts, jouent un rôle essentiel pour favoriser la biodiversité urbaine et ses dynamiques.

Je terminerai en soulignant que la nature en ville représente également un enjeu social fort : parce que c’est une source de bien-être, parce que c’est la seule nature présente dans le quotidien de millions de de citadins. La demande sociale pour un cadre de vie agréable et une plus grande place faite à la nature est en constante augmentation et le récent confinement a permis qu’on s’en rende compte !