Plan d’actions pour la biodiversité en région Centre-Val de Loire

Intervention de Benoît Faucheux

Protéger la biodiversité, c’est protéger la diversité de la vie biologique, les espèces vivantes (les insectes, les plantes, les oiseaux, les mammifères) et les milieux, les écosystèmes. Protéger la biodiversité, c’est aussi protéger l’humanité, car nous faisons partie de cette vie biologique, nous sommes une des espèces vivantes, et nous avons besoin des autres pour vivre. Nous avons besoin de forêts qui purifient l’air, de zones humides qui purifient l’eau, d’espaces agricoles vivants, qui permettent la croissance des plantes et des animaux que nous mangeons. Que serions-nous dans un milieu stérile, sans bactéries, sans insectes, sans animaux ? Que serions-nous sans pollinisation, sans dégradation de la biomasse, sans aération des terre agricoles ?

Plus la connaissance avance plus nous constatons la très forte inter-dépendance entre les humains et le reste de la biodiversité.

Pendant longtemps, on a opposé nature et culture, écologie et humanisme. Il y avait d’un côté ceux qui se préoccupaient du progrès humain, et de l’autre ceux qui se souciaient de la protection de l’environnement. Il n’était pas rare d’entendre des responsables politiques il y a encore dix ans dire qu’ils mettaient en priorité les humains par rapport aux pingouins !

Mais la prise de conscience de la fragilité de la planète que nous habitons, le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité que nous constatons a beaucoup progressé chez nos concitoyens, et ce partout dans le monde. Et avec l’idée que les humains étaient à la fois le principal problème à la survie de leur espèce mais aussi sans doute la principale solution. L’humain est à l’origine du recul de la biodiversité, mais il peut être aussi, en cédant la place où en apprenant à partager l’espace partout où c’est possible, être à l’origine de son retour : on a vu pendant le confinement et les animaux de retour en ville ou le chant des oiseaux…

Ce rapport permet de franchir une nouvelle étape, avec la consolidation du rôle de l’Agence Régionale de la Biodiversité et un travail important à venir dans la cadre de la COP régionale.

L’ARB est un acteur central, partenarial et exemplaire pour la biodiversité. Mais la biodiversité est aussi au cœur de la COP régionale : la biodiversité va devoir s’adapter au changement climatique, mais c’est aussi grâce à la biodiversité que notre société va pouvoir s’adapter. C’est avec la biodiversité que nous pouvons stimuler les puits de carbone, avec les zones humides, les forêts, la végétalisation des villes… C’est avec la biodiversité que nous pouvons rendre nos villes plus vivables en particulier pendant la canicule. Ces aspects seront développés par mes collèges Alix Téry et Jean-Philippe Grand.

L’ARB va animer 3 coalitions dans la COP :

  • Pour la création d’un dispositif de compensation carbone régionale, notamment à l’attention des habitants, leur permettant de compenser leurs émissions de gaz à effet de serre
  • Pour la rédaction d’une stratégie de végétalisation en région Centre-Val de Loire
  • Pour favoriser la préservation et la restauration des zones humides existantes.

C’est une étape importante mais nous savons que la crise est tellement grave que ce n’est pas encore suffisant. Nous vous avons fait, Monsieur le Président, des propositions dans le cadre du plan « Pour une région écologique et résiliente ».

Pour laisser plus de place à la nature nous proposons de :

– Renforcer les moyens de protection à disposition de la Région : augmentation du nombre de Réserves naturelles régionales et Parcs Naturels Régionaux.

– Soutenir le déploiement des dispositifs Obligations réelles Environnementales (ORE) et Aires Terrestres Educatives (ATE) qui s’appuient sur des initiatives citoyennes.

– Créer une équipe dédiée pour l’animation de la lutte contre l’artificialisation pour mettre en oeuvre l’objectif du SRADDET de diviser par deux le rythme d’artificialisation des terres.

Pour considérer la nature comme une solution nous proposons de :

– Lancer un appel à projet « Biodiversité et végétalisation » en ville et pour la promotion de la place de l’arbre et des haies dans les campagnes.

– Refonte de la politique régionale de soutien à l’aménagement des espaces publics pour laisser plus de place à la Nature.

Et enfin nous vous avons transmis pour accélérer la conversion écologique de notre économie, de l’agriculture, de l’industrie et des services de notre région dont nous avons parlé hier.