BP 2018 : tourisme, alimentation

Intervention de Christelle de Crémiers

Comme cela a été rappelé par mes collègues, l’exercice budgétaire 2018 est particulièrement difficile pour les Régions du fait des décisions de l’Etat de restreindre des budgets déjà très contraints, ou de l’absence de décision dans certains domaines, alors qu’il leur a transféré des missions stratégiques. Dans ces conditions, le groupe écologiste se félicite de la cohérence de l’exécutif régional qui a su maintenir le cap de sa politique dans le choix des priorités en conformité avec ses politiques publiques.

Dans le domaine du tourisme notamment, les engagements forts pris par la Région pour la construction des véloroutes sont préservés. Il faut tout particulièrement mentionner le lancement de la véloroute du Cher-Canal de Berry, où l’engagement déterminé de la Région permet de ne laisser que 20 % des coûts à la charge du Département et des communautés de communes. La Loire à Vélo, qui fait désormais partie du patrimoine régional et qui participe à l’image et à l’attractivité de la Région au même titre que les grands sites, draine 1,3 millions de touristes à vélo et de visiteurs. Le projet de la nouvelle route structurante qui traversera les départements du Cher, du Loir-et-Cher et de l’Indre-et-Loire permettra d’offrir une rocade qui laisse espérer, non seulement l’augmentation de la fréquentation, mais surtout l’attraction d’un million de touristes dans des territoires à ce jour peu fréquentés et qui bénéficieront ainsi de l’opportunité de cet effet de levier pour le développement économique local. Dans ce sens, je salue la décision du Pays romorantinais de consacrer la moitié de son budget à ce projet ambitieux et structurant. Je saisis cette occasion pour appeler les élus des différentes collectivités traversées à se mobiliser à la fois pour susciter la candidature de porteurs de projet en hébergement et en restauration, ainsi que pour la mise en tourisme de leur territoire. C’est prouvé : les touristes à vélo restent 1,5 fois plus longtemps dans notre région que les autres. Avec le Comité Régional du Tourisme (CRT), une ambition importante sera portée à la fois pour une promotion à 360° du vélo dans toutes les destinations régionales, ainsi que pour une promotion cohérente et partagée avec les différentes institutions partenaires des destinations, notamment le Val de Loire, dans la perspective du « 500eme anniversaire de la Renaissance ».

Concernant le nouveau budget alimentation, dont la stratégie 2017-2021 vous sera présentée aujourd’hui, il représente un socle, formé à partir de budgets déjà existants liés à la promotion des produits agricoles, qui sera désormais entièrement consacré à la mise en œuvre des axes stratégiques en direction des différents publics concernés. Il s’agit des producteurs agricoles, des transformateurs, des restaurateurs, des salons, des associations citoyennes… Dans le cadre de l’enveloppe allouée, il sera plus finement travaillé avec les acteurs concernés, notamment la chambre d’agriculture et la chambre des métiers, pour une parfaite adéquation entre les actions et les objectifs de la stratégie. Mais il est important de souligner que l’effort régional en faveur de l’alimentation ne saurait se limiter au budget du programme Alimentation. Il s’agit d’une politique vraiment transversale qui mobilise de nombreux budgets, parmi lesquels : la direction des lycées, le CRT, les dispositifs économiques CAP développement et CAP création, l’agence de développement économique Dev’Up à travers son comité « CduCentre » et, bien sûr, les CRST qui intègrent de nouveaux dispositifs qui seront présentés à continuation. C’est pourquoi il y a eu plus d’un an de concertation avec les différentes politiques régionales impactées, les partenaires institutionnels, économiques et associatifs, et que cette concertation continuera tout au long de la mise en œuvre de la stratégie.

Le budget 2018 est marqué par une forte contrainte de la part de l’Etat. Faire bien et mieux avec moins est un exercice intellectuellement stimulant qui oblige à se concentrer sur les actions directement efficientes liées aux politiques poursuivies. Mais c’est un exercice qui connaît des limites, celles notamment des engagement pris sur plusieurs années avec les collectivités infra qui pourraient ne plus pouvoir être honorés dans les années à venir. Et je ne parle même pas de nouveaux engagements. En 2018, la Région tient le cap, et n’a sabré aucune politique au cœur de ses missions. Mais à l’impossible nul n’est tenu. Nos concitoyens doivent savoir dans quelle situation nous place l’Etat en nous transférant une partie de ses responsabilités directement liées aux besoins des populations sans assumer de nous en transférer les moyens correspondants. Vous pouvez compter sur le groupe écologiste pour ne pas passer sous silence la responsabilité du gouvernement.