Budget 2016 : culture

Intervention de Sabrina Hamadi

 

Monsieur le président, le débat public donne au mot « écologie » un sens essentiellement environnemental, en le réduisant à la maîtrise de l’évolution du climat et à l’amélioration de notre environnement. Cependant, on ne peut pas préserver l’environnement sans réduire les inégalités, sans abandonner la logique de croissance et d’accumulation qui domine aujourd’hui le monde, sans respecter les droits fondamentaux et la diversité des cultures, sans restaurer une éthique dans la conduite des affaires publiques et surtout sans plus de démocratie participative.

En résonnance avec le débat qui anime notre session sur Culture O Centre, et dans la perspective des états généraux de la culture, j’aimerais revenir sur ce que nous considérons être les ambitions majeures d’une politique culturelle rénovée et co-construite.

D’abord et avant tout, mon collègue Charles Fournier l’a rappelé au sujet de Culture O Centre, il faut renforcer l’accompagnement des acteurs culturels par un maillage territorial régional afin de rendre plus efficients les services offerts par l’agence de développement culturel de la Région. Aller vers les territoires éloignés de l’action culturelle est un objectif tout aussi essentiel que de créer des passerelles entre « l’urbain » et « le rural ».

Il nous parait nécessaire d’améliorer l’accessibilité à la politique culturelle régionale pour qu’elle puisse bénéficier au plus grand nombre. La politique de subventionnement des acteurs du secteur laisse peu de marges de manœuvre pour l’émergence de nouveaux venus. Ouvrir et diversifier l’accès aux financements reste donc un enjeu important.

Il nous faut également soutenir une économie culturelle, plus coopérative, plus solidaire, plus inclusive pour sortir de l’opposition stérile entre culture « marchandisée » et culture subventionnée. Trop souvent, ce débat condamne l’émergence d’un « entre deux ». Des modèles tournées vers l’ESS se développent et nous devons accompagner ces projets novateurs. Aujourd’hui, nous allons voter une proposition d’expérimentation dans le domaine de la formation professionnelle des demandeurs d’emploi. La formation et les emplois dans le secteur culturels, aussi spécifiques soient-ils, doivent également faire l’objet d’une anticipation et d’un accompagnement. Nous serons attentifs au développement de l’expérimentation de la plateforme GPEC conduite par la FRACAMA.

Enfin, il y a un enjeu de gouvernance pour une politique culturelle plus équitable. Nous réaffirmons l’idée que construire une politique culturelle dynamique, solidaire et créatrice de richesses repose sur la concertation, l’échange de pratique, et la co-formation. Nous espérons que les états généraux de la Culture seront le point de départ d’un nouveau « contrat » avec l’ensemble des acteurs de la culture, usagers/spectateurs compris. Il nous réfléchir ensemble aux outils qui permettront un dialogue permanent, qu’ils concernent le fonctionnement interne, les relations entre acteurs culturels, les élus et les techniciens ainsi que les férus d’arts et de culture.

Plus que jamais, nous devons permettre la diversité culturelle, pour qu’elle irrigue nos territoires, nos écoles, l’espace public et nos lieux de culture. L’émancipation reste une ambition majeure pour la culture, particulièrement en ces temps d’obscurantisme intellectuel où les discours d’exclusion et de repli sur soi se développent partout avec la crise sociale, l’isolement, et la frustration.

Je vous remercie de votre attention.