Budget 2016 : deuxième décision modificative

Intervention de Michelle Rivet

Monsieur le Président, chers collègues, comme chaque année à cette époque, la deuxième décision modificative permet à notre Conseil régional de procéder aux derniers ajustements de l’exercice budgétaire en cours, en l’occurrence le budget 2016.

Je ne vais pas me lancer dans une analyse de chacun de ces ajustements, simplement souligner quelques choix politiques. Nous nous réjouissons de la plupart d’entre eux, mais, comme vous le savez, nous présenterons un amendement.

Parmi les choix dont le groupe écologiste se réjouit, je voudrais donc souligner :

1 million d’euros en plus pour CAP asso : ce sont donc 10 millions d’euros au total qui auront été consacrés en 2016 au soutien à ce dispositif essentiel de soutien l’emploi associatif.

La création d’une autorisation d’engagement « démocratie participative » à hauteur de 400 000 € sur 4 ans, sur laquelle Charles FOURNIER reviendra tout à l’heure.

Des dépenses supplémentaires d’investissement dans les lycées, plus de 5 millions d’euros, avec notamment des efforts très importants pour accélérer la réhabilitation des lycées touchés par les inondations survenues fin mai-début juin. Je laisserai Jean-Philippe GRAND vous en dire un mot dans le débat général.

Mais nous notons aussi, toujours sur les lycées, à la page 29 du rapport, que la société EIFFICENTRE doit verser un malus, ce qui signifie que les objectifs d’efficacité énergétique du contrat de performance énergétique, en partenariat public-privé, n’ont pas été atteints dans les lycées concernés. Je rappelle que le groupe écologiste a toujours été en désaccord avec le CPE, mais qu’il a veillé en revanche à en assurer un suivi rigoureux. C’est grâce à cette supervision soutenue que la Région contrôle l’outil CPE, même si nous avons affaire à un groupe très armé sur le plan juridique cherchant à faire du profit alors que nous faisons de l’action publique…

Quant à la partie transport de cette DM2, et plus particulièrement le soutien apporté par la Région aux vols low cost au départ de l’aéroport de Châteauroux, Gérard NICAUD y reviendra tout à l’heure.

Je voudrais pour ma part évoquer le déploiement de 2,5 millions d’euros supplémentaires dans les CAP filières, qui est en lien avec les conditions météorologiques et en l’occurrence de leurs effets très négatifs sur les récoltes agricoles de l’année 2016. Gels, sécheresses, inondations… Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, les épisodes extrêmes risquent malheureusement de se multiplier. Il faut aujourd’hui proposer de renforcer la robustesse des exploitations agricoles et, s’il n’y a pas de recette miracle, il est au moins certain que notre « modèle » agricole dominant est à la fois sensible aux aléas climatiques et à ceux des marchés mondiaux.

Or l’agriculture nous est indispensable et le métier d’agriculteur est un métier d’utilité publique qu’il convient de valoriser et de soutenir, pour nourrir la population mais aussi pour les nombreux services annexes que beaucoup d’entre eux fournissent au monde rural. Un partie de la solution se trouve sans aucun doute dans un lien solide agriculture-alimentation, producteur-consommateur .

Pour les écologistes, il convient donc de veiller particulièrement à ce que les réponses publiques aux crises agricoles ne contribuent pas à une fuite en avant vers l’industrialisation des exploitations et vers la disparition progressive du monde paysan. Les mesures de soutien à l’agriculture doivent nécessairement aller vers la résilience et donc accompagner une agriculture pourvoyeuse d’emplois dans nos campagnes, rémunératrice pour les agriculteurs, et respectueuse des équilibres environnementaux.