Budget 2016 (décision modificative n°2) : transport

Intervention de Gérard Nicaud (dite par Charles Fournier en son absence)

 

Mon intervention portera sur la partie « transports et mobilité durable » de cette deuxième décision modificative.

Le groupe écologiste approuve naturellement une majorité des modifications qui sont proposées, telles que :
– le réajustement des recettes à bord des cars en fonction des analyses de la première année d’exercice de reprise de gestion par la Région ;
– l’augmentation des recettes provenant de la convention TER, qui s’élèvent finalement à 7,8 M€ au lieu de 4,5 M€ compte tenu des différentes explications qui nous sont données dans le rapport ;
– l’ouverture d’une autorisation de programme dans le cadre de la prolongation jusqu’en 2025 des rames TER dites « Z2 ». A noter toutefois que l’on peut se poser la question de la rénovation de ces matériels anciens construits à la fin des années 70 par le groupement FRANCORAIL, regroupant la majorité des industriels ferroviaires d’alors. Trente ans plus tard, n’y aurait-il pas de la part de notre collectivité un choix plus judicieux en soutenant des entreprises du ferroviaire par l’acquisition de matériels modernes, innovants et adaptés à nos besoins, aux évolutions de la mobilité, à la consommation d’énergie, etc. ? Pour mémoire, ALSTOM a dévoilé au dernier salon « InnoTrans » ses rames « Coradia iLint », trais régionaux à zéro émission, alimentés par une pile à hydrogène.

A contrario, le groupe écologiste qui s’est toujours opposé au soutien du transport aérien de type low cost, s’étonne de la mesure proposée par la DM2. En effet, il nous est proposé de financer à hauteur de 140 000 € un « Programme de promotion du Berry ». Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites ! Il s’agit plus prosaïquement de soutenir la ligne aérienne Châteauroux-Nice, ligne estivale qui a fonctionné pour la deuxième année consécutive du 12 juin au 1er octobre dernier, les mardis et samedis.

Il s’agit donc de soutenir l’activité déficitaire de la relation, qui s’élève à 190 000 €. Et non pas les aspects marketing qui sont du ressort de la compagnie exploitante, IGAVION du groupe polonais SKYTAXI. Certes, grâce aux efforts déployés par la Direction de l’aéroport, Châteauroux Métropole participe à hauteur de 40 000 € et la CCI de l’Indre a mis généreusement 10 000 €. Il revient donc à la Région, dans le cadre de cette DM2, de prendre en charge tout le reste, c’est-à-dire 140 000 €.

Comme l’an passé, les écologistes dénoncent la charge tout à fait anormale supportée par les collectivités pour la mise en place de cette ligne. Malheureusement, le bilan de la première année d’exploitation le confirme : pour un total de 1 178 voyages effectués sur cette ligne Châteauroux-Nice en 2015, la Région et Châteauroux Métropole avaient dû débourser 175 000 €. Est-il bien raisonnable que pour ce type de transports, les contribuables doivent payer 150 € pour chaque passager quand ces derniers ne paient leur billet en moyenne que 85 € ? Par comparaison, sur les vols Châteauroux-Ajaccio, les billets sont plutôt autour de 300 € parce que c’est une ligne qui fonctionne normalement, avec une compagnie aérienne qui ne demande pas d’argent public.

Comment ne pas évoquer d’ailleurs le comportement particulièrement désinvolte, pour rester poli, de la compagnie IGAVION vis à vis à l’aéroport de Châteauroux et des collectivités ? En effet, elle a informé par voie de presse de sa décision de lancer dès le 3 novembre prochain une nouvelle ligne Angers-Châteauroux-Lyon, après avoir pourtant unilatéralement décidé le 10 août dernier de renoncer à sa création ! La Région va-t-elle continuer longtemps à accepter de travailler même indirectement avec ce type de partenaires ?

Suite à l’accord international sur le climat intervenu à Paris il y a moins d’un an, la France s’est engagée à réduire sa production de gaz à effets de serre dans des proportions ambitieuses. Mais comment pourra-t-elle tenir ses engagements internationaux si les collectivités territoriales ne s’engagent pas elles-mêmes dans des politiques volontaristes ?

En conséquence, le groupe écologiste présentera un amendement proposant d’investir autrement ces crédits de paiement de 140 000 €, afin d’adapter progressivement notre société et notre économie aux enjeux planétaires. Nous y reviendrons tout à l’heure.