Budget 2016 : tourisme et alimentation

Intervention de Christelle de Crémiers

 

Monsieur le Président, chers collègues, je remercie les services qui ont réussi dans un temps très contraint à présenter le budget 2016 et me réjouis que l’ambition de la Région en matière de politique touristique soit réaffirmée cette année.

D’abord parce que le tourisme est porteur d’emploi non délocalisable et que nous avons pour objectif de continuer de créer des emplois stables car le tourisme assume pleinement son rôle de locomotive de l’économie régionale. Il y a un enjeu de formation, de qualification, d’apprentissage pour amorcer le cercle vertueux de l’emploi : qualité spécifique de notre région fondée sur l’accueil et les services réalisés par des personnes / fidélisation des visiteurs dans le cadre d’un tourisme pour tous / emplois stables qui renforcent à leur tour la qualité de l’accueil.

Notre région est devenue une référence au niveau européen pour le tourisme à vélo. La Loire à Vélo place notre région à la pointe de l’innovation dans l’accueil de séjours itinérants pour des cyclistes. Cette ambition est réaffirmée avec le lancement du prochain grand projet des dix prochaines années : le Cher à vélo. Ce projet va permettre à terme d’offrir une large boucle cyclable formée par la Loire et le Cher qui n’aura pas d’équivalent ailleurs dans le monde.

La Région envisage donc d’investir 18 millions d’euros dont 1,2 dès cette année dans de nouvelles pistes cyclables, le Cher à vélo représentant 6 millions d’euros.

Ces investissements dans le vélo, puis dans le pédestre et l’équestre, représentent de véritables outils de développement du territoire ; Le Cher à vélo pourra multiplier par cent la fréquentation touristique de certains territoires du Berry. Il s’agit aussi d’un outil d’aménagement car les voies cyclables apportent aussi une réponse pour la mobilité quotidienne des habitants de notre région, je pense à l’axe Orléans – Blois – Tours, qui a attiré des cyclistes du quotidien.

Le budget du tourisme, c’est aussi l’ambition d’améliorer les équipements d’hébergement et de restauration. L’hébergement bénéficie à partir de cette année et jusqu’en 2020 d’un budget fléché sur les fonds européens de 9 millions d’euros.

La restauration bénéficie de l’attention portée dans cette nouvelle mandature à la politique alimentaire régionale. Qu’il s’agisse de restauration touristique, collective, dans les lycées et les CFA, de l’alimentation familiale, l’alimentation  est l’objet aujourd’hui de profondes mutations qui ne relèvent pas simplement d’un effet de mode, mais d’une véritable reprise en main par les citoyens.

L’alimentation représente un défi démocratique que notre région se doit de relever. S’il est acté désormais que les additifs chimiques, les pesticides, les ajouts de sel, sucre et graisse industriels, représentent un danger avéré pour la santé (maladies auto-immunes, cancers et allergies) alors il est de notre devoir de rendre accessible à tous une alimentation saine, de donner le choix aux habitants de cette région de se nourrir avec des aliments produits par une agriculture biologique et paysanne près de chez eux à un prix accessible.

L’alimentation et l’agriculture sont les deux lames d’un même ciseau qui doit tracer les nouveaux contours d’une politique innovante, maillon essentiel de la transition écologique de l’économie des territoires.

La politique alimentaire comporte donc trois enjeux : Un enjeu démocratique. Les citoyens doivent avoir le choix et décider de leur alimentation. C’est pourquoi les manifestations citoyennes pour les alternatives alimentaires doivent être soutenues. Un enjeu de santé et d’environnement. La Région va sensibiliser et accompagner les nouvelles pratiques alimentaires dans les lycées, mais aussi auprès du grand public, afin de répondre aux attentes légitimes de nos concitoyens sur la qualité et l’origine des aliments, notamment dans la restauration collective. Un enjeu économique évident. La mise en valeur des productions agricoles et des produits du terroir est un atout incontournable dans le tourisme, mais aussi une nécessité de répondre à la demande citoyenne.

Nous entendons souvent les termes de circuits courts, lutte contre le gaspillage, agriculture biologique et paysanne. Ce sont à chaque fois des orientations qui ne s’inscrivent pas dans la logique du marché. Le marché conduit à la concentration croissante d’industries agroalimentaires, à l’augmentation du pouvoir de la grande distribution, à des produits de piètre qualité nutritionnelle, au désespoir des agriculteurs étouffés dans l’étau des prix bas.

La transition écologique de l’alimentation, fondée sur la relocalisation, l’équité des prix, les produits biologiques, ne s’inscrit pas dans une logique de marché, mais exige une volonté politique fondée sur des convictions et nous les avons.