Budget 2018, 2ème décision modificative – Stratégie aéroportuaire régionale

Intervention de Gérard Nicaud

 

Monsieur le Président, chers collègues,

Je ne reviendrais pas sur ce que mes collègues on dit précédemment, mais je voudrais à nouveau, au travers de cette intervention, rappeler la situation de notre collectivité eu égard aux contraintes que l’Etat nous a imposées et à la capacité que nous avons eu à répondre à nos engagements budgétaires. Avec au passage un coup de chapeau à nos collègues VP en charge de nos politiques régionales et aux services qui les mettent en œuvre.

Cette Décision Modificative présente plusieurs évolutions budgétaires, et l’une a retenu  l’attention de notre groupe.

Mon intervention portera donc plus particulièrement sur les aéroports.

A la page 22 de cette décision modificative, il est prévu la création d’une autorisation d’engagement, à hauteur de 25 000 € afin d’« engager une réflexion globale pour élaborer une stratégie aéroportuaire régionale ».

N’étant pas réfractaire aux réflexions et aux stratégies, le groupe écologiste ne déposera pas d’amendement par rapport à cette dépense. Néanmoins, nous estimons que ce ne devra pas être une stratégie visant à développer le transport aérien dans notre région. Car nous sommes convaincus, au contraire, de la nécessité non seulement de ne pas favoriser sa progression, mais de réduire le trafic aérien, en particulier celui des vols intérieurs.

Ceux qui veulent vraiment répondre au défi climatique doivent bien avoir à l’esprit que le transport aérien est le pire en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Certes, en volume, à l’échelle de la France, il n’est responsable que  de 15 % des consommations liées au déplacement, après la route (80 %), mais rapporté au nombre d’utilisateurs, le transport aérien domestique est de très loin le plus émetteur de CO2 : 144 grammes de CO2 par passager et par km pour le transport aérien domestique, soit 2 fois plus qu’en voiture particulière et 15 fois plus qu’en train !

Dans le seul scénario de transition énergétique qui permette d’arriver à 100 % d’énergies renouvelables en 2050, celui de négaWatt, les vols intérieurs et de courte distance sont exclus. Le transport aérien doit donc être strictement réservé aux longs trajets pour lesquels il n’existe pas d’alternative équivalente en termes de confort. En conséquence, nous considérons que l’avion occupe une place nécessaire dans la chaîne des moyens de déplacement : il est adapté aux déplacements vers les autres continents.

Soutenir l’augmentation des déplacements aériens, ce serait annihiler tous les efforts que la Région fait par ailleurs pour réduire son empreinte carbone…