Budget 2019 : accélérer la transition écologique

Intervention de Sabrina Hamadi

Mon intervention portera sur les orientations de ce budget 2019 relatives à la transition écologique :

  • Dans un contexte d’urgence climatique, la Région a décidé de mettre en place avec la DREAL et l’ADEME une instance de pilotage de la transition énergétique pour améliorer la mobilisation transversale des acteurs et mieux articuler les 3 piliers de la transition énergétique : sobriété, efficacité et production d’énergie renouvelable.

Elle contribuera notamment à la préparation d’une « COP régionale » : un processus de négociation et de mobilisation, inspiré des conférences climats mondiales, comme celle qui a eu lieu tout récemment en Pologne (COP 24). En effet, face à l’urgence, il est nécessaire que les acteurs publics, les acteurs économiques, les territoires et la société civile se mobilisent, à la fois sur des objectifs communs et sur des actions tangibles pour réussir cette transition.

  • Toujours concernant la transition énergétique, il y aura aussi en 2019 :
    • le déploiement des Plateformes Territoriales de la Transition Energétique (PTRE)
    • le lancement de la société de tiers-financement
    • le soutien au portage et à l’investissement citoyen dans les projets d’énergies renouvelables, comme à Vierzon, Vendôme, Dordives, Saint-Hilaire ou Saint-Benoît-la-Forêt 

Ainsi l’accompagnement des territoires, pour que la transition énergétique soit perçue comme une véritable opportunité, sera renforcé.

  • La transition écologique, c’est aussi la mise en œuvre du Plan Régional de Prévention et de Gestion des Déchets (PRPGD), ce plan ambitieux que nous avons adopté après des mois de concertation
    • L’appel à projets économie circulaire permettra de financer des projets visant à réduite le gaspillage alimentaire, favoriser le tri à la source des biodéchets, développer le recyclage…
    • En matière d’écologie industrielle et territoriale, une expérimentation est déployée dans sept zones d’activités visant à rechercher les synergies entre les acteurs économiques pour les flux de matière et d’énergie.
  • Un mot sur la biodiversité avec le lancement de l’Agence Régionale de la Biodiversité dès janvier 2019. Elle sera une vitrine régionale de l’action en faveur de la biodiversité, mais aussi le carrefour de tous les acteurs pour permettre une meilleure prise en compte de cet enjeu dans tous les domaines.
  • Mais la transition écologique dans le budget, il faut la lire bien au-delà des délégations de Charles FOURNIER et de Michelle RIVET :
    • C’est le soutien à l’agriculture bio, qui s’articule autour de plusieurs axes.

– soutien à l’animation et à la structuration de la filière (Biocentre et Groupements d’Agriculteurs Biologiques départementaux) dans un projet commun global.

– soutien à la conversion : la Région apporte une aide à la certification, sur une durée de 4 ans, depuis 2007 et accompagne aussi, depuis 2013, un dispositif de sécurisation de la période de conversion par un accompagnement de l’agriculteur, de la formalisation de son projet à sa mise en œuvre durant les trois premières années, via le « CAP CONVERSION ».

-depuis 2017, la Région intervient également sur le financement du maintien à l’agriculture biologique, sur quelques priorités ciblées, en contrepartie du FEADER.

-la Région intervient en faveur de l’agriculture biologique au travers des filières de

productions : mise en place d’actions spécifiques dans certains « CAP FILIERES »,

bonifications systématiques des projets d’investissement ou renforcement de l’agriculture biologique au sein des stations d’expérimentation existantes par exemple.

  • C’est le soutien aux petites lignes ferroviaires, avec 8,3 M€ pour des travaux sur ces lignes menacées… Ce n’est pourtant pas notre compétence, mais nous n’acceptons pas l’idée que ces lignes ferroviaires puissent fermer alors qu’il faudrait au contraire en ouvrir ! C’est l’occasion de rappeler à l’Etat, dont c’est la compétence, qu’il ne peut pas se contenter de laisser les Régions se débrouiller avec l’entretien de ces lignes.

Ces différentes orientations font écho aux « marches pour le climat » ou aux rassemblements répondant à « l’appel des coquelicots », qui se succèdent depuis quelques mois, en particulier depuis la démission de Nicolas HULOT, et qui réunissent nombre de nos concitoyens, même si elles n’ont pas forcément droit à une forte exposition médiatique.

En tant que tourangelle, je tiens à signaler qu’une des fortes revendications exprimées lors de ces rassemblements, notamment lors des marches sur le climat qui se déroulent à Tours, concerne le transport aérien. Les élus de la métropole de Tours, ceux du département d’Indre-et-Loire, mais aussi les élus régionaux que nous sommes, sont interpellés concrètement quant à leur vote au sujet des financements publics apportés à l’aéroport. Ces citoyens ont raison de souligner que ces subventions contribuent à accroître le dérèglement climatique, tout en grevant les finances publiques de moyens qui seraient nécessaire pour accélérer la transition écologique.

Pour ce qui concerne le groupe écologiste au Conseil régional, la réponse est claire. Nous nous opposons à ces financements depuis de longues années, en votant contre les délibérations qui passent en commission permanente chaque année et en présentant des amendements budgétaires. En l’occurrence, dans le cadre de l’examen du BP 2019, nous proposons un amendement que nous examinerons tout à l’heure, afin :

  • non seulement de supprimer  les 970 000 € de crédits de paiement en fonctionnement, correspondant à la contribution annuelle 2019 de la Région au Syndicat mixte de l’aéroport de Tours ;
  • mais aussi de diminuer de 200 000 € les crédits de paiement en fonctionnement destinés à l’aéroport de Châteauroux : c’est en effet le seul moyen dont nous disposons en tant qu’élus régionaux pour nous désolidariser des financements apportés indirectement, à des vols low cost, tels que ceux qui ont été mis en place en 2018 vers Toulouse, Biarritz, Lyon, Nice et Londres.