Budget 2020 : mobilité

Intervention de Gérard Nicaud

A l’occasion de l’examen du budget 2020 de notre collectivité, quelques mots sur les questions de mobilité.

Le groupe écologiste salue l’engagement pris par la Région d’organiser la sortie du diesel sur l’ensemble des cars interurbains à l’horizon 2028. Ce sera fait bien entendu au fil des renouvellements des contrats et des marchés en cours. Mais si on veut y arriver, et il faudra y arriver car la sortie du diesel est nécessaire, alors la clé ce sera un schéma d’avitaillement : on sait en effet que les autocaristes rencontrent des problèmes de ravitaillement, encore plus pour le GNV que pour l’électrique.

Nous nous réjouissons aussi que la Région poursuive en 2020 son engagement pour la sauvegarde de ce que certains appellent les « petites lignes » de chemin de fer ainsi que des lignes capillaires de fret… Notons à ce propos que le rapport du préfet François PHILIZOT sur le devenir des lignes UIC 7 à 9, attendu pour juin, annoncé pour octobre, n’a toujours pas été publié…  Il est temps, pourtant, que nous ayons un plan de régénération du réseau de ces lignes qui irriguent les territoires, un plan avec l’Etat dont c’est la responsabilité… Dans ce jeu de poker menteur, la vraie question au fond est de savoir le montant que l’Etat est prêt à débloquer pour régénérer ces petites lignes.

Nous apprécions également que le dispositif Mobilités rurales soit reconduit en 2020.

Vous vous en doutez, il y a des points qui nous posent plus de problèmes…

Nous sommes un peu consternés de voir encore apparaître une énième relance du POCL… Qui peut croire sérieusement en décembre 2019 que ce projet a encore un avenir ? Nous constatons pourtant, six ans après les conclusions de la commission « Mobilité 21 » que, d’études en motions, tout est bon pour persister dans le déni et faire croire qu’une ligne à très grande vitesse de 500 kilomètres, qui coûterait 15 milliards d’euros au bas mot, est encore possible… En fait, la faisabilité du POCL est sans doute encore moins réaliste en 2019 que lors du débat public qui avait eu lieu en 2011-2012…

Comme nous n’avons eu de cesse de le dire, l’enjeu ce n’est plus d’entretenir le voile de l’illusion autour du POCL, mais bien de proposer une amélioration concrète des relations ferroviaires moyennes-longues distances dans le « Cœur de France ». Que de temps perdu, que d’argent public dépensé en pure perte sur de nouvelles études…

J’en viens à présent au transport aérien.

La dépense qui apparaît dans le budget concernant l’aéroport de Tours, c’est la contribution au syndicat mixte, laquelle augmente de 20 000 € en 2020 pour atteindre 990 000 €. Michelle RIVET présentera un amendement tout à l’heure pour remettre en cause cette dépense. Cependant, vous aurez noté que depuis quelques années, la Région est aussi contrainte de procéder à des avances de trésorerie au syndicat mixte, parce que la CCI de Touraine ne paie plus. Un rapport de la dernière commission permanente nous indiquait ainsi qu’il convenait de retarder d’une année (31 décembre 2020 au lieu du 31 décembre 2019) les dates limites pour le remboursement des avances consenties par la Région au syndicat mixte, parce qu’il s’avère que la CCI n’a toujours pas procédé au paiement de ses participations au titre des années 2016 à 2018. Entre temps nous avons consenti de nouvelles avances, mais seront-elles remboursées un jour ?

Avec le départ de l’école de chasse, un grand nombre de charges vont bientôt retomber inéluctablement sur le trafic civil. Aujourd’hui, les collectivités (Métropole, Département, Région) paient au total 3 millions d’euros par an pour faire vivre l’aéroport de Tours, sans compter les avances (sensées être remboursées un jour) qu’elles doivent consentir pour suppléer la CCI de Touraine défaillante. Demain, elles devraient mettre beaucoup plus sur la table, c’est-à-dire subventionner encore plus fortement des émissions de CO2 ! Notre groupe refuse que la Région se retrouve à porter l’aéroport de Tours quasiment seule.

Nous considérons donc que les questions du financement public et de l’avenir de l’aéroport de Tours doivent être réévaluées et débattues démocratiquement. Il est nécessaire d’ouvrir, sans tarder, sans tabou, le débat sur l’opportunité de continuer à financer l’aéroport de Tours, en investissement comme en fonctionnement.

Concernant l’aéroport de Châteauroux, nous rappelons que notre groupe n’avait pas approuvé en son temps le pari fait en son temps  par Michel SAPIN de prendre la responsabilité de l’aéroport de Châteauroux. Nous présenterons un amendement pour limiter la subvention de fonctionnement à 500 000 euros. Sur l’investissement, nous continuons bien entendu à soutenir les bassins de rétention, la protection des cuves de kérosène, les bâtiments de maintenance… S’agissant du hangar, pour lesquels 7,86 M€ de crédits de paiement apparaissent dans ce budget 2020, nous rappelons qu’il nous avait été garanti que les investissements ne commenceraient que si la Région était assurée d’avoir une entreprise qui s’engage à l’occuper et à payer des loyers couvrant les charges d’emprunt de la Région.

On nous annonce que des bonnes pistes sont en cours, qu’il n’y a pas de raison d’être inquiet eu égard à la forte demande des industriels sur ce type d’installation. Peut-on avoir, monsieur le Président, des précisions à ce sujet ?