Budget 2020 : transition agricole et alimentaire, eau, biodiversité

Intervention d’Estelle Cochard

Cher Président, chers collègues,

A l’occasion de l’examen du budget 2020 de notre collectivité, je souhaite évoquer les enjeux en matière de matière de transition agricole et alimentaire, d’eau et de biodiversité.

La politique régionale en matière d’alimentation va bien sûr continuer de se décliner, avec en particulier l’accompagnement des acteurs de l’alimentation dans la mise en place des systèmes alimentaires territorialisés, mais aussi des opérations de promotions des terroirs et de la gastronomie des territoires régionaux, ainsi que des actions de sensibilisation du grand public à l’alimentation durable.

Le lancement officiel du Projet Alimentaire de Territoire jeudi dernier à Rémalard dans le Perche est la traduction en action très concrète de notre politique.

De même, l’arrivée du nouveau lycée de Hanches en Eure-et-Loir est aussi l’opportunité avec tous les acteurs concernés de construire un Projet Alimentaire sur ce territoire comme exprimé dans les ateliers d’usages.

Bien entendu nous saluons le soutien à la bio. Avec 885 000 €, le programme ad hoc, qui regroupe le soutien à Biocentre et aux différents GAB (groupements d’agriculteurs bio), le soutien à la conversion, l’aide à la certification des fermes, est stable par rapport au BP 2020. Mais la bio est également soutenue dans les CAP filières ainsi que dans les aides européennes gérées par la Région avec des bonifications.

Pour les écologistes, la poursuite des aides au maintien en agriculture bio est un enjeu essentiel, car les agriculteurs bio continuent à percevoir moins d’aides que les conventionnels (du fait de leurs pratiques agronomiques de rotations longues incluant des cultures pas ou moins aidées par la PAC). Il faut les aider pour les aménités environnementales induites par leurs pratiques.

Nous revendiquons plus globalement un « Plan Bio régional » qui aurait pour but d’essayer de rattraper notre retard, de respecter l’objectif fixé par le SRADDET de 15 % de SAU en bio… et qui serait un signe politique fort de soutien et de reconnaissance des efforts fournis par ces agriculteurs.

En matière de biodiversité, 2020 sera l’année du Congrès mondial de la biodiversité de l’UICN  (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) en juin à Marseille et de la COP 15-biodiversité en Chine en octobre.

Au niveau régional, les membres de l’Agence Régionale de la Biodiversité ont pris des engagements en terme d’apport de connaissances à l’observatoire comme de sensibilisation du public, mais surtout très concrètement sur des thématiques majeures pour la nature, et notamment le développement de la végétalisation, la préservation et restauration des milieux humides et aquatiques, et la limitation de l’artificialisation d’espaces naturels, agricoles et forestiers.

Le Conseil d’administration de l’ARB a décidé de porter l’engagement sur la  végétalisation (ville campagne) dans la COP et de travailler à des indicateurs de résultats. C’est dans la feuille de route 2020 ainsi que l’installation d’un groupe de travail sur agriculture et biodiversité.

Bien sûr, l’action en faveur de la biodiversité à la Région ce sont aussi : les conventions vertes, les Parcs naturels régionaux, les Réserves naturelles régionales. Je voudrais d’ailleurs souligner que les budgets consacrés aux emplois associatifs via les conventions vertes, au fonctionnement des PNR, aux emplois des techniciens de rivière sont approximativement de 1 millions d’euros chacun (hors investissement).

Je voudrais enfin parler de l’eau. Notre région a vécu cet été une sécheresse sans précédent, qui a fait suite à plusieurs années globalement déficitaires en eau. Les débits de la Loire et du Cher ont accusé des déficits inédits. Le réchauffement de l’eau en lien avec la température et la faible profondeur ont entraîné des développements d’algues et de cyanobactéries dangereuses pour la faune et pour l’homme. Les équilibres biologiques sont bouleversés.

La brutalité du changement climatique accentue des tensions parfois déjà existantes entre les activités économiques (principalement l’énergie nucléaire et l’agriculture) et les autres usages. Elle nous interroge sur les priorités à venir pour préserver l’accès à l’eau potable. Or tout démontre que cette situation se situe dans une évolution de long terme avec des sècheresses plus fréquentes.

Dans ce contexte, la nouvelle convention de la Région avec l’Agence de l’Eau Loire Bretagne, sur la base de l’état des lieux et en tenant compte des objectifs du SRADDET, va permettre d’engager des actions de sauvegarde de la biodiversité, de restauration des continuités écologiques ainsi que des actions en faveur des zones humides dans les contrats. Mais elle prévoit aussi des actions convergentes de soutien à l’agriculture biologique et aux pratiques agricoles favorables à l’eau.

Nous le voyons bien, c’est un budget qui est s’inscrit dans la transition.