Carte des formations à la rentrée 2020

Intervention d’Estelle Cochard

1-L’apprentissage

Cette carte des formations à la rentrée 2020 revêt un caractère exceptionnel car, suite à la réforme de l’apprentissage, la Région se voit retirer sa compétence générale en matière d’apprentissage, notamment ses missions de régulation et de financement de l’offre de formation.

L’apprentissage se caractérisera désormais par une offre de formation dérégulée et un financement assuré par les Opérateurs de Compétences (OPCO), structures nationales issues du regroupement des branches professionnelles (11 OPCO mis en place en 2019).  Le rôle des Régions se limitera à une compétence spécialisée, un soutien au développement de l’apprentissage dans les territoires par la mobilisation d’enveloppes financières en fonctionnement et en investissement.

A maintes reprises ces dernières années, le groupe écologiste a mis en garde sur cette réforme de l’apprentissage qui sera mise en œuvre au 1er janvier 2020 :

  • Jusqu’à présent, les Régions construisaient les cartes de l’apprentissage, tout comme celles de la formation professionnelle initiale, dans une logique d’aménagement équilibré des territoires. Qu’en sera-t-il désormais ? Financer les CFA « au contrat », c’est-à-dire selon le nombre d’apprentis qu’ils accueillent, cela revient à confier aux seuls acteurs économiques la responsabilité d’une des voies de formation initiale dans une approche marchande. Exit la logique de service public et le rôle des Régions pour garantir une péréquation des moyens entre tous les secteurs et tous les territoires.
  • L’apprentissage, c’est d’abord une voie de formation initiale ! L’apprentissage est une des voies de formation initiale et ne doit pas être regardé sous le seul angle des exigences du marché de l’emploi. La réforme répond d’abord aux exigences des employeurs, oubliant totalement de garantir le bien-être des jeunes, alors que la majorité des apprentis sont mineurs. A contrario rien n’est proposé pour lutter contre le décrochage trop élevé (jusqu’à 30% de ruptures des contrats) ou pour faciliter l’orientation et les changements de voies de formation.
  • La formation professionnelle sous statut scolaire totalement oubliée par la réforme. On mise sur le tout apprentissage en opposant les voies, au détriment de la formation professionnelle sous statut scolaire à laquelle on ne donne plus d’ambition. Là encore, les Régions sont les mieux placées pour porter l’ambition d’une véritable diversité dans l’offre de formation, quelles que soient les voies. Elles peuvent faciliter une véritable coordination entre les CFA et les lycées professionnels plutôt que de nourrir la concurrence.

Cette réforme nous semble donc être catastrophique… Le groupe écologiste partage la proposition du président de saisir le CESER pour engager un travail d’évaluation au moment où l’Etat nous retire cette compétence et pour mesurer les incidences de la mise en œuvre de la loi du 5 septembre 2018.

Cette situation contraint la Région à reporter la présentation d’un projet de carte-cible, qui fera l’objet d’un rapport spécifique devant l’assemblée régionale au printemps 2020, en fonction des précisions qui seront apportées d’ici là par le gouvernement.

Mais sur le peu de marges de manœuvre qui nous restent en matière d’apprentissage, les écologistes souhaitent que la Région garde le cap sur ses valeurs : en veillant à la mixité des parcours, en développant des formations qui s’inscrivent dans la transition écologique, …

2-La carte des formations sous statut scolaire

L’enjeu d’une carte des formations pour les écologistes, ce n’est pas seulement la quantité des formations à offrir, c’est aussi :

  • le sens que l’on veut donner à l’offre de formation en région Centre-Val de Loire,
  • les ambitions qui doivent être celles du Conseil régional au-delà du court terme,
  • la prise en compte de la question de la compatibilité des formations avec les enjeux de la transition.

Le développement des filières liées à la transition écologique et énergétique reste encore insuffisant à nos yeux… Nous nous réjouissons cependant de voir certaines ouvertures très intéressantes, permettez-moi d’en citer 2 :

  • Au lycée Val de Cher à Saint-Aignan-sur-Cher (41), une mention complémentaire « Technicien des services à l’énergie option énergie génie climatique » (12 places). Cette mention complémentaire, inexistante en Région et rare au niveau national, permettra de proposer une suite de parcours aux titulaires de Bac Pro souhaitant se spécialiser. Elle ouvre par ailleurs la voie à la création dans l’établissement d’une filière centrée sur les métiers de la transition énergétique puisque le lycée propose pour la rentrée 2021 l’ouverture d’une mention complémentaire Technicien en énergies renouvelables.
  • Au lycée Philibert de l’Orme à Lucé (28), un bac pro « technicien constructeur bois » (25 places ». Cette formation, peu répandue dans l’académie et inexistante dans le département, bénéficie du soutien de l’association Arbocentre. Elle répond à une forte demande des entreprises du secteur et renforce l’image de l’établissement dans le domaine du bois.