Carte des formations : soutenir l’enseignement agricole

Intervention de Gérard Nicaud

Monsieur le Président, chers collègues, comme cela a déjà été dit, les réformes de la formation professionnelle et de l’apprentissage impactent profondément l’action de notre collectivité et de nos partenaires avec qui nous mettons en œuvre la carte des formations.

Je voudrais aujourd’hui intervenir sur un domaine particulier qui est celui de l’enseignement agricole.

Eu égard à l’urgence climatique, couplée aux différentes crises sanitaires, l’enseignement agricole n’évolue pas assez vite.

C’est sous l’impulsion de Stéphane Le Foll, qu’a été introduite la notion d’agroécologie dans le cadre de la loi d’avenir votée en 2014. Les idées novatrices de cette loi (modification des pratiques agronomiques, réduction du bilan carbone des aliments que nous consommons, etc) fut contrariée par la politique agricole libérale conduite par la Commission européenne. On en mesure les conséquences aujourd’hui avec notre modèle agricole français qui souffre et qui se sent accusé.

Toujours d’actualité, l’agroécologie a fait son entrée dans les formations. Elle mérite d’être partagée,  encouragée et soutenue.

C’est la raison de la tribune publiée récemment dans le journal Libération à l’initiative de notre collègue Charles Fournier. Elle a reçu la signature de nombreux élus régionaux.

Intitulée « Donner les moyens à l’enseignement agricole est essentiel pour réussir la transition agroécologique », elle a pour objet de demander le renforcement des emplois dans l’enseignement agricole et donc d’alerter députés et sénateurs. En effet, dans le cadre du Projet de Loi de Finances 2020, le schéma de suppression d’emplois 2019-2022 dans l’enseignement agricole est en passe d’être confirmé ! 2018 fût une année sans aucune création de postes. Elle fait suite à cinq ans de rétablissement partiel après sept années de destruction de plus de 1200 postes. La rentrée 2019 s’inscrit dans une tendance baissière (-50 emplois) derrière laquelle se joue le bon fonctionnement des établissements et la capacité à assurer un enseignement public de qualité.

Il est de la responsabilité de la représentation nationale de garantir les moyens publics nécessaires pour réinstaller des paysans, leur redonner de l’autonomie, de la valeur ajoutée sur les fermes, du lien social et un « savoir-faire » qui valorise les « services environnementaux » offert par la Nature. La « première pierre » à l’édifice d’un modèle agroécologique réside dans la formation des générations à venir et l’accompagnement de ceux et celles qui cultivent, élèvent, nourrissent et ont décidé de revoir profondément leurs pratiques en misant sur la qualité, sur la conversion au bio.

À l’heure où les effectifs de cette rentrée repartent à la hausse (avec plus de 750 élèves et étudiants), les signataires de la tribune demandent le renforcement des emplois dans l’enseignement agricole public, celui-ci relevant de l’intérêt général.

Cette tribune est consultable sur http://enseignement-agricole-public.fr/tribune-des-conseillers-regionaux/