Communication sur la COP régionale

Intervention de Sabrina Hamadi

Alors que la COP 25 est source d’une immense déception, notre COP régionale nourrit, au contraire, tous les espoirs de voir les territoires se transformer pour faire face à l’urgence.

La région Sud-PACA nous copie avec « une COP d’avance » mais, désolé, c’est plutôt une COP de retard…

La Région Centre-Val de Loire assume son rôle de chef de file de la transition, et a souhaité s’adresser à tous les citoyens et acteurs du territoire.

Pendant toute cette année 2019, nous avons construit des fondations solides, indispensables pour soutenir un processus qui devra durer dans le temps et accompagner les changements nécessaires. Les directions de la Région ont été également mobilisées.

C’est pourquoi il a été nécessaire d’adapter les mots, les outils, les propositions en fonction des publics auxquels on s’adressait. La COP réinvente la manière de fonctionner ensemble et de transformer les pratiques. C’est une façon de s’organiser autrement.

La COP démarre bien, elle monte en puissance et elle est en train de s’inscrire dans le paysage régional.

La « semaine de la COP » qui vient d’avoir lieu a été l’occasion de converger, d’entendre et de partager des centaines d’idées, d’initiatives, d’engagements, et surtout de sentir un désir commun de changer nos modèles de production et de consommation, nos modes de déplacement…

Lors de nos visites durant les journées, nous avons eu une belle diversité d’acteurs (chambres d’artisanat, présidents des FDSEA, associations, …) avec les COPérateurs, des personnes du panel citoyen… Mais nous avons pu aller à la rencontre de personnes passionnantes et passionnées qui essayent de changer les choses à leur niveau, qui sont des précurseurs de la transition.

Je pense :

-à St Jean de Braye, à la ressourcerie « AAA+ » qui est un très bel exemple de coopération, d’action concrète pour le réemploi et pour l’insertion…

-à Argenton sur Creuse, à l’installation solaires thermiques et sa chaudière biomasse avec le bailleur social OPAC 36, qui veut aller plus loin…

-à Loches, une démonstration du vélo super condensateur qui va être en test par une factrice de la POSTE.

-à Nogent Le Rotrou, ce magasin de producteur bio dans le Perche dans un contexte où il y avait 145 producteurs bio et 120 nouveaux en conversion…

-à Blois, à l’audition du « Parlement de la Loire » animée par le Pôle des Arts Urbains (POLAU)…

-à Vendôme, à Energies Vendômoises, un bel exemple d’énergie citoyenne…

– mais aussi à Virage Energie qui a travaillé avec les associations de la région, et nous a remis son livre blanc.

La collectivité de Bourges nous a fait part également de ses premiers engagements pour la COP, de son travail sur l’éclairage public, les indemnités kilométriques pour ses agents qui viennent à vélo, la plantation d’un corridor écologique.

Mais nous avons aussi vécu l’installation du Conseil scientifique, présidé par la chercheuse et membre du Studium, Federica Migliardo. En quelques jours, dès l’appel à candidatures, nous avons reçu environ 50 propositions de scientifiques de tous les domaines, ethnologie, géographie, sciences climatiques, économie, biologie, géologie, etc. Cet engouement illustre une vraie volonté de la part des acteurs de notre territoire de contribuer à cette dynamique collective.

 Les coalitions, notamment, génèrent beaucoup d’espoir en créant de nouveaux espaces de travail pour faire avancer les sujets qui sont bloqués ou en retard. Nous en sommes à 21, mais d’autres sont en cours de construction

3 exemples de coalitions :

  • MATERIAUX BIOSOURCES. Les travaux engagés dans le cadre de cette coalition permettront de contribuer à une proposition de stratégie régionale visant à accompagner le développement de ces filières et le recours à ces matériaux. Avec trois objectifs visés : renforcer nos connaissances, aider à structurer et développer, rendre visible et communiquer.
  • ECOLOGIE INDUSTRIELLE ET TERRITORIALE. Cette coalition vise à optimiser les ressources sur un territoire via une approche systémique qui s’inspire du fonctionnement des écosystèmes naturels. Qu’il s’agisse d’énergies, d’eau, de matières, de déchets mais aussi d’équipements et d’expertises. L’EIT revient à se poser la question de « Comment on réinvente la coopération à l’échelle d’un territoire ? » A travers la coopération (mutualisation, synergies, …), l’EIT doit permettre de réduire l’impact environnemental, sociétal et territorial des activités économiques.
  • LYCEES ANTI GASPI. 6 lycées antigaspi en région Centre-Val de Loire. Il s’agit de réduire le gaspillage alimentaire de 20% minimum entre octobre 2019 et mai 2020.

Les COPérateurs : 120 représentés et d’autres arrivent, qui sont les relais de la COP et nous aident à amplifier la COP sur les territoires. Ex : la MGEN, qui se positionne pour relayer auprès de ses adhérents.

Le Panel citoyen : 23 personnes tirées au sort de 16 ans à 77 ans avec 30 % de jeunes qui vont nous remettre leurs propositions courant janvier dans le cadre de leur COP.

Tous les acteurs qui se sont investis dans cette semaine y ont pris goût et veulent aller encore plus loin.

Il n’est plus temps de nous regarder les uns les autres ou de montrer du doigt d’éventuels coupables. Nombre de nos concitoyens l’ont bien compris, tout le monde a intérêt à s’engager dans la COP.

Ce que nous mangeons, ce que nous achetons, comment nous habitons, comment nous nous déplaçons, mais aussi comment nous rêvons et construisons le monde de demain, tout cela doit être réinventé et être adapté à notre budget carbone.

Ce que nous avons vu, entendu et vécu pendant cette semaine de la COP, c’est un impérieux besoin de faire du lien entre les citoyens et acteurs qui s’engagent déjà et veulent aller plus loin. Coalitions, engagements, mobilisation citoyenne, à tous les niveaux nous avons ressenti cette envie d’agir et de partager. L’accord de la COP qui sera mis au vote en avril montrera que cette dynamique est réelle et qu’elle ne fait que commencer !