CPER : enjeux en matière de mobilité

Intervention de Benoît Faucheux

Jusqu’il y a très peu de temps (quelques semaines tout au plus), l’Etat nous disait que la mobilité ne serait pas intégrée à ce futur CPER, mais qu’elle serait traitée en parallèle, au regard d’une programmation pluriannuelle des infrastructures tenant compte des trajectoires budgétaires de la LOM et définie à partir de modalités de contractualisation à arrêter avec les Régions…

Désormais, on sait que les questions relatives à la mobilité font bien partie des champs d’intervention du CPER 2021-2027. C’est une évolution dont nous nous réjouissons plutôt car il aurait été étrange de ne pas intégrer les enjeux financiers liés à la mobilité dans la négociation du CPER et de renvoyer cette discussion à plus tard.

Par conséquent, notre majorité régionale a donc tenu à inscrire dans ses orientations stratégiques plusieurs priorités en la matière. Je voudrai souligner ici quelques enjeux fondamentaux aux yeux du groupe écologiste.

Concernant les infrastructures ferroviaires, le CPER devra absolument permettre de garantir l’avenir des lignes qui étaient menacées, sans perdre de vue l’enjeu à plus long terme d’étendre le réseau ferré :

  • Sauvegarder les lignes ferroviaires du quotidien (priorité 16). Le funeste rapport SPINETTA, fondé sur l’unique critère de rentabilité, a préconisé en 2018 l’abandon par l’Etat des lignes du quotidien rabaissées au rang de « petites lignes » – ce qui a constitué une grave menace pour l’avenir des lignes Paris-Châteaudun-Vendôme-Tours, Chartres-Courtalain, Tours-Loches, Tours-Chinon, Salbris-Valençay et Bourges-Montluçon, directement concernées par une possible fermeture. Ces lignes transportent chaque année en moyenne 1,5 million de voyageurs. Parce que leur entretien a été abandonné pendant des dizaines d’années par l’Etat et la SNCF, dont c’était la responsabilité, les travaux à réaliser sur ces infrastructures s’élèvent à plus de 250 millions d’euros aujourd’hui. Un protocole d’accord a été signé en février dernier entre la Région et l’Etat, mais il conviendra d’inscrire dans la durée du CPER les différentes phases de travaux, selon la clé de répartition financière qui a été convenue.
  • Ouvrir de nouvelles infrastructures ferroviaires pour les voyageurs (priorité 17). Les deux grands projets portés par la Région en la matière (Orléans-Châteauneuf et Orléans-Voves pour faire Orléans-Chartres) ont malheureusement pris du retard et c’est regrettable, mais il est important que nous ayons encore une ambition en la matière. Nous pensons en particulier l’étude de mobilité dans l’est-orléanais qui a été décidée suite au report de la réouverture aux voyageurs de la ligne ferroviaire Orléans-Châteauneuf : les travaux qui résulteront de cette étude devront figurer dans le CPER.  

Autre enjeu très important pour notre groupe : acquérir des véhicules à faible émission (priorité 20). Cela concerne à la fois nos trains (petites lignes non électrifiées), nos cars (remplacement des cars diesel).

Attention toutefois à ne pas trop se focaliser sur l’hydrogène, fût-ce de l’hydrogène vert, et à ne pas en faire un dogme : il y a un travail qui est mené par la Région en la matière qui nous convient, mais ce n’est pas la solution miracle que certains voudraient nous vendre, notamment du côté de la majorité présidentielle. L’objectif, ce ne doit pas être de développer l’hydrogène « quoi qu’il en coûte », mais bien le verdissement du parc routier et ferroviaire, qui ne passe absolument pas que par l’hydrogène.

Enfin, il est aussi essentiel que le CPER soutienne le développement intégré de l’usage du vélo (priorité 23), dans un objectif d’augmentation de la part modale du vélo du quotidien. Le spectaculaire développement du vélo pendant le confinement, quand les moyens de transport collectifs étaient paralysés, avec l’apparition de pistes cyclables provisoires, montre que c’est un moyen de transport essentiel qu’on peut développer relativement facilement. Il nous faut prévoir dans le CPER une multiplication des véloroutes, en ne ciblant plus seulement le tourisme mais le vélo du quotidien : cela veut dire des itinéraires cyclables adaptés, mais aussi des solutions sécurisées de stationnement des vélos dans des pôles d’échanges multimodaux et des solutions de transport des vélos à bord des transports en commun.