Portrait Chantal Rebout

Budget 2014, décision modificative n° 1 : l’alimentation bio dans les lycées

Intervention de Chantal Rebout

 

Monsieur le Président, chers collègues, je souhaite revenir un moment sur l’un des aspects de la décision modificative (DM), concernant les lycées. Il n’a échappé à personne dans cette enceinte que notre mandature portait une volonté affirmée de développement de l’alimentation biologique en restauration collective. L’appel à projets évoqué dans la ligne de la DM vient renforcer, c’est du moins notre souhait, cette volonté.

 

Quelques chiffres en préambule. Aujourd’hui, la restauration scolaire des établissements d’enseignement secondaire publics de la Région Centre, c’est :

– 60000 convives chaque jour,

– environ 10 millions de repas par an,

– 94 restaurants scolaires, (90 en gestion autonome et 4 établissements livrés par des cuisines centrales de lycées),

– 65 labellisés Self’O Centre,

– plus de 1 000 agents aux services de restauration,

– 20 millions d’euros d’achats de denrées par an.

 

J’ai déjà eu l’occasion dans cet hémicycle de rappeler ces chiffres. Je le fais pour souligner l’importance que peut revêtir cette forme de consommation alimentaire pour une économie agricole locale, rurale ou périurbaine.

 

Depuis le début de ce mandat, nous œuvrons pour qu’au moins 20 % des denrées utilisées soient d’origine bio et locale dans les restaurants scolaires de chaque établissement. Pourquoi ? Pour nous, consommer bio et local dans les lycées de la région Centre, est un acte citoyen envers une économie locale de producteurs, éleveurs, artisans.

 

La restauration scolaire est un service public qui dispose d’un potentiel économique pour dynamiser l’agriculture biologique de proximité en offrant aux acteurs de cette filière des débouchés commerciaux durables, en permettant de travailler à la structuration de filières capables de répondre aux demandes spécifiques de la restauration scolaire mais aussi de la restauration collective dans son ensemble.

 

Pour cela, il faut travailler sur plusieurs axes simultanément :

  • l’approvisionnement par la structuration des filières ; en témoigne la mise en place de  la plate forme d’achats Self Bio Centre, par le groupement des achats, comme en Eure-et-Loir ;
  • la formation des chefs de cuisine, mais aussi la mise en valeur de leur travail ; travaux menés par les 65 lycées Self O Centre, manifestations 100% bio ; 
  • la sensibilisation et l’éducation des usagers ; je pense ici à l’important travail sur la réduction des déchets alimentaires ; aujourd’hui plus de 25 lycées volontaires pour lutter contre le gaspillage dans leurs restaurants. Les cadres d’intervention proposés par les dispositifs Lycéens citoyens, Prévention Santé, Agenda 21 nous ont déjà permis de soutenir les initiatives portées par les lycées dans le domaine de l’alimentation, soulignant ainsi les besoins des communautés éducatives dans ce domaine. Et qui leur permettront de faire le lien entre l’appel à projets et l’information des publics sur les enjeux environnementaux, économiques et sociaux, de santé de l’agriculture Bio.

 

L’appel à projets « pour développer l’usage des denrées bio » a été monté dans ce contexte. Nous avons connaissance, grâce aux liens tissés avec les établissements, des nombreuses opérations menées dans les lycées pour l’introduction de produits bio dans leurs restaurants. Oui, il est possible de réaliser régulièrement des repas composés d’aliments biologiques. La Région souhaite, par cette mesure, faire de ces initiatives des tremplins pour un engagement durable dans une démarche de consommation de produits bio locaux.

 

Afin de répondre à cet objectif, nous offrons aux lycées un soutien logistique et financier.

 

Logistique, puisque nous nous basons sur la grille de fréquences établie dans le cadre  de la mise en place Plan National d’Alimentation (PNA), dans laquelle la Région a fixé les obligations d’utilisation de produits bio.

 

Financier, pouvant aller jusqu’à 40 % des coûts prévisionnels d’achats des denrées bio sur la base des estimations de consommation de denrée bio.

 

En conclusion, je rappellerai que cette construction a été montée grâce aux échanges avec plusieurs établissements. Je sais, pour en avoir discuté avec eux, leurs attentes à ce sujet, particulièrement dans les établissements où les revenus des familles ne permettent pas une grande marge de manœuvre et qui ont envie de porter cette thématique. J’y attache une importance particulière, car la promotion du bio que nous voulons défendre est celle d’une bio pour tous, accessible au plus grand nombre de consommateurs.