Pour le progrès démocratique

Intervention de Benoît Faucheux

 

Monsieur le président, chers collègues, le système démocratique de notre pays est le fruit de l’histoire, de la mobilisation et du combat des hommes et des femmes de progrès. Il découle des révolutions, des mouvements sociaux. Et il s’est amélioré au fil des années, par l’implication d’hommes et de femmes dans les institutions de notre pays : élus, fonctionnaires, mais aussi responsables associatifs, syndicaux, professionnels, contre-pouvoirs et forces de propositions.

 

Nous avons l’habitude de dire que notre démocratie est en crise, et je crois que nous pouvons même dire qu’il est en mutation. Dans notre système, les élus prennent des décisions, sur proposition des agents de la collectivité, des services, et après avoir reçu l’avis de la société civile organisée, avec le CESER. Les élus sont légitimes car ils ont réuni la majorité des suffrages exprimés. Or de plus en plus de citoyens font le choix de ne pas s’exprimer aux élections, ce qui fragilise notre système. L’idée que nos institutions ne sont plus en mesure d’améliorer la vie de nos concitoyens et de construire la société de demain se répand. La mondialisation, l’évasion fiscale, les scandales financiers renforcent l’idée que les institutions ne fonctionnent pas pour le bien des citoyens. Finalement, c’est la légitimité de cette forme d’autorité qui est interrogée, sa capacité à améliorer la vie de nos concitoyens, à construire une société plus juste, plus solidaire, plus soutenable.  Pour tout cela, nous devons améliorer notre système. Si nous ne le faisons pas, nous laissons la porte ouverte au fascisme, à la dictature et à la barbarie.

Et il y a aussi des raisons plus positives : de plus en plus d’habitants s’impliquent dans des collectifs citoyens, dans des associations et souhaitent être associés aux décisions prises. De plus, dans le public comme dans le privé, nous pouvons constater que la mobilisation de l’intelligence collective permet de mieux cerner les problèmes et de mieux les résoudre.

L’orientation générale est que la décision publique de demain ne devra plus s’appuyer uniquement sur un processus piloté par les élus, sur proposition des agents de la collectivité, et bénéficiant des conseils des représentants de la société civile membres du CESER, ou du Conseil régional des jeunes, des fédérations sportives dans le cadre de la Conférence Régionale du Sport, ou des usagers du train avec les Comités de Ligne des TER. Il nous faut associer les habitants, les citoyens, les usagers à la décision publique.

 

Notre Région a déjà expérimenté la mobilisation d’habitants à travers des panels, c’est à dire des habitants sélectionnés au hasard, qui dans le cadre de l’élaboration de l’Agenda 21 de la collectivité étaient formés aux enjeux et aux outils des politiques régionales et donnaient leur avis. Elle a aussi organisé des forum permettant aux habitants et aux acteurs des territoires de débattre en amont de l’élaboration de politiques régionales ou de schémas, comme le SRADDT, ou cette année le SRDEII.

 

Elle a aussi mis en place un dispositif permanent de soutien aux projets collectifs et aux initiatives citoyennes sur les territoires ruraux, ID en campagne. L’énergie de nos concitoyens, leur créativité représente un potentiel énorme pour améliorer la vie dans notre région. Et tout cela améliore la capacité des habitants de notre région à être acteurs de leur propre vie, et du développement de leur territoire. C’est sans doute la condition à toute démarche citoyenne et démocratique.

 

Le développement de l’implication citoyenne est une priorité forte de ce mandat. Un vice-président a été délégué à la démocratie et aux initiatives citoyennes.

 

Le rapport identifie 4 axes prioritaires :

–       le développement de territoires de démocratie participative ;

–       l’amélioration des services publics par la participation citoyenne ;

–       le renforcement de la participation dans l’élaboration de ses schémas et politiques publiques ;

–       l’accompagnement des initiatives citoyennes, moteur de la démocratie vers un modèle de développement plus juste et équitable.

 

Pour concrétiser ces quatre grandes orientations, le Conseil régional va lancer une concertation, reposant d’une part sur l’avis du CESER, de la CRJ, de panels territoriaux, et d’autre part sur les avis d’acteurs du territoire qui pourront s’exprimer par le portail de participation.

Tous les contributeurs seront réunis dès la première moitié 2017 pour élaborer les propositions prioritaires permettant de construire une région participative.

 

Et dès maintenant, des mesures vont permettre de mieux mobiliser la jeunesse. Notre système à du mal à intégrer les plus jeunes générations alors qu’ils représentent l’avenir il de notre societe, qu’ils ont un potentiel de créativité très important, et qu’ils vivent des difficultés spécifiques à leur tranche d’âge que les institutions ont parfois des difficultés à appréhender. L’évolution de la crj, qui dorénavant s’appellera Conseil régional des jeunes et la mise en place de budgets participatifs qui pourront être mobilisés par les lycéens permettent d’envoyer un signal fort à la jeunesse: nous avons besoin de vous pour construire le monde de demain, et vous pouvez compter sur nous, sur les institutions de notre Région pour améliorer votre quotidien et vous aider à bâtir votre propre vie.

Mais nous savons qu’il y d’autres groupes peu représentés dans notre système démocratique: les ouvriers, les employés, les personnes issues de la migration, ou porteuses de handicaps. Je sais que Charles Fournier aura à cœur de les mobiliser pour qu’elles puissent participer à la prise de décision dans notre collectivité et pour que leur potentiel d’initiative citoyennes soit accompagnés.

Enfin je voudrais terminer en remerciant l’ensemble des contributeurs à ce rapport : élus, services, cabinet, membres du CESER et de la société civile ; s’impliquer dans une telle démarche suppose d’accepter que le système dans lequel nous avons une place n’est pas parfait, et imaginer son amélioration peut mettre dans une situation inconfortable. Mais je crois qu’ils savent comme moi que l’intelligence collective est une force, et que quand on y a goûte on ne peut plus s’en passer.