Déprécarisation des agents des lycées

Intervention de Sabrina Hamadi

Même si les contrats aidés sont peut-être loin d’être parfaits, ils ont permis à des personnes de retourner dans la vie active, de s’insérer professionnellement et de contribuer à la cohésion sociale. Lorsque le gouvernement a décidé brutalement et sans concertation  de mettre fin aux contrats des CAE, cela a été un coup de massue pour notre région, pour nos lycées, mais surtout pour nos agents où 222 contrats aides et 67 emplois d’avenir ont été directement concernés par cette mesure.

Généralement, quand on parle autour de nous des lycées, on pense aux élèves, aux enseignants, mais on ne pense pas automatiquement à ces agents. Et pourtant… Il faut en avoir conscience, c’est grâce à nos agents que nos élèves travaillent dans de bonnes conditions… S’ils n’étaient pas là il n’y aurait pas de restauration, pas d’hébergement et pas d’entretien dans nos lycées.

J’ai eu la chance de les rencontrer, d’avoir échangé avec eux et d’avoir été à leur écoute. Suite à la fin des contrats aidés, j’ai retrouvé des agents en souffrance, alors qu’ils aiment leur lycée et leurs élèves. Des agents étaient en situation de surmenage et de mal être. Certains agents ne pouvaient pas effectuer leur travail correctement, en se retrouvant frustrés de ne pas pouvoir donner toutes les bonnes conditions de travail pour nos lycéens.

Cette situation a même engendré des tensions entre les agents.

Nous pouvons réellement remercier les ressources humaines de notre région et particulièrement dans les ERC de nos départements, qui essayaient de palier aux situations les plus tendus dans nos lycées après l’annonce du gouvernement. En dépit d’un budget mis sous tension suite à la suppression brutale et sans compensation des contrats aidés par le gouvernement, le Conseil régional a entendu que le point de rupture était en passe d’être atteint au niveau des services.

Notre région a été responsable sur le sujet en travaillant et en nous proposant ce rapport.
Un travail de fond a été fait pour, tout en respectant nos contraintes budgétaires, avoir une vraie analyse prenant en compte des évolutions, que ce soit l’évolution du nombre d’élèves de nos lycées,  l’évolution de leur surface, ou encore l’évolution du taux d’absentéisme qui traduit que ces agents dans lycées ont un métier difficile et pas forcément reconnu.

La majorité régionale a bien compris que les lycées ont évolué et que nos agents sont essentiels et font partie des premiers maillons pour que nos élèves travaillent dans de bonnes conditions. Nous faisons donc le choix de créer 175 postes pour septembre.  En travaillant de manière différente, car nos lycées ne sont pas les mêmes qu’il y a 20 ans. L’équipe mobile par secteur qui va être rattachée aux ERC va générer un nouveau souffle et permettre à nos agents de travailler dans de meilleures conditions.