Développer l’agriculture bio : un choix de société

Intervention de Sabrina Hamadi

Ce rapport est renforcé par cette crise sanitaire et les résultats des élections. Aujourd’hui, l’agriculture est de nouveau appelée à façonner les territoires

Que nous raconte cette histoire, ce mouvement de bascule ? Les agriculteurs bio sur notre territoire illustrent particulièrement cette envie de « faire société », de donner corps et sens à la notion de « lien social », quand on se retrouve sur le marché par exemple ou dans le cadre d’une AMAP, de donner et sens aussi à la notion de « solidarité ». Ces agriculteurs en ont fait preuve pendant le confinement : combien en a-t-on vu livrer des paniers à domicile ? Ils sont venus au plus près des citoyens pour apporter leurs produits, dans les villages, les quartiers. Les citoyens ont retrouvé le goût des bons produits et ont aussi pu trouver ou retrouver ces échanges précieux.

Les agriculteurs bio incarnent tout particulièrement cette envie de liens sociaux et de solidarité. Opter pour une agriculture sans pesticide chimique, dans l’optique de prendre soin de la terre, de l’eau, c’est aussi marquer son envie de prendre soin de ses concitoyens. C’est pour cela que le bio est en constante augmentation.

S’agissant de la santé, une étude de l’INRA de 2018 montre qu’on diminue de 25 % le risque du cancer en consommant des produits biologiques !

Mais comment faire pour que le bio soit accessible à tous et non un produit de luxe ? Cela passe en priorité par une véritable volonté politique AU PLUS PRES DE NOS TERRITOIRES, comme dans ce rapport.

Certains territoires ont déjà montré que cela marche, d’abord sur la restauration collective. Je pense à la mairie de Grande-Synthe qui quand elle était dirigée par l’écologiste Damien Carême a basculé vers des repas 100 % bios et locaux. Alors quand la commune a commencé,  oui cela a coûté plus cher au départ  sur les premières années, mais cela a été pris en charge par la commune. La mairie a structuré une réelle filière agricole bio qui est vecteur d’emplois. Mais maintenant, cela ne leur coûte pas plus cher que l’agriculture conventionnelle. Car il y a plusieurs leviers :

  • Le gaspillage alimentaire : avec un véritable effort, nous pouvons le réduire de 30% donc on influe sur le coût.
  • Mais qu’est ce qui coûte le plus cher dans mon panier ? C’est la viande, ce sont les produits transformés.
  • Aujourd’hui, nous consommons deux fois trop de viande. Une étude européenne a montré que les personnes qui mangent 160 grammes de viande par jour augmentent d’un tiers le risque d’avoir un cancer de l’intestin par rapport à ceux qui en consomment moins . Nous pouvons réduire notre consommation de viande en remplaçant par les légumineuses, les haricots secs, les pois chiches ou les lentilles. Et nous pouvons les cuisiner de mille façons différentes et réduire leur coût..
  • Pour les produits transformés, nous pouvons faire nos gâteaux nous-même ou le remplacer par un fruit, c’est plus économique et sain (la quantité de sucre, de sel et de graisse est énorme dans ces produits).
  • Autre levier, en passant par les AMAP on peut avoir un panier de 20 euros par semaine pour 4 personnes et en plus on sécurise les producteurs sans les endetter.
  • La convention citoyenne pour le climat propose des chèques alimentaires pour les plus démunis à utiliser dans les AMAP ou pour les produits bios (pour être accessible à tous).

Manger bio, c’est plus cher au début certes, sauf si on le pense sur le long terme, si on compte les risques de maladies pour les citoyens qui ont un coût financier, si on compte les dépollutions des eaux et des terres qui ont un coût, si on compte le recyclage qui a un coût…

Le bio est bon pour notre santé et notre bien-être et au final pour notre portefeuille. Et si tout le monde mange bio, les prix baisseront à mesure que le nombre des consommateurs augmentera. Cela passe par les territoires et nous pouvons être fiers car ce rapport structure et amplifie le bien manger. Et nous savons que là ou les listes écologistes ont été élues lors des dernière municipales, elles le mettront en place et elles le feront pour une réelle justice sociale.