DM2 du budget 2017 : transports

Intervention de Gérard Nicaud

 

Monsieur le Président, chers collègues, je ne reviendrais pas sur ce que mes collègues on dit précédemment, mais je voudrais à nouveau au travers de cette intervention, d’une part évoquer la situation de notre collectivité eu égard au retrait de l’État alors que des engagements avaient été pris et d’autre part émettre des doutes quant à ce qui pourrait arriver vis-à-vis de conventions et de contrats pris par d’anciens gouvernements. « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent », disait Henri Queuille.*

Cette Décision Modificative, faute de perspectives quant aux budgets des années à venir, n’est qu’une adaptation de mesures nécessaires ou d’investissements reportés.

Notons tout d’abord l’inscription en crédits de paiement de 2,7 millions d’euros supplémentaires sur le matériel roulant, en particulier par rapport à l’acquisition sur le marché de l’occasion de 7 rames ZGC en provenance de la région des Pays de la Loire. Ces rames récentes ont vocation à remplacer une partie du parc d’automotrices Z2 (17 engins) mises en circulation au début des années 80 sur plusieurs axes ferroviaires de la région. Cela va aussi permettre de réduire le nombre de rames Z2 à prolonger.

Cette acquisition montre l’intérêt de notre collectivité porte aux voyageurs du TER qui verront ainsi le confort de leur déplacement accru, et des effets globalement en matière de qualité et de régularité. Sans négliger non plus une réduction des coûts de maintenance qui résultera de la radiation de ces « vieux » matériels.

N’oublions pas que le premier projet de modernisation des Z2 a été lancé par la Région Centre qui profita de l’expérimentation de la régionalisation pour développer les dessertes dans le Val de Loire et en Sologne en s’appuyant sur les Z2 bien adaptées quoique limitées à 160 km/h sur ces lignes aptes à 200 km/h. Reprenant complètement l’aménagement intérieur avec de nouveaux sièges et surtout l’installation d’une ventilation réfrigérée, les Z2 montèrent en gamme avec ce programme concrétisé à partir de 1997 pour 15 éléments Z7300. A cette occasion, les Z2 revêtaient la livrée TER bleu et gris. Elles sont apparues avec la mise en œuvre de la desserte Aqualys sur l’axe Orléans – Tours, ainsi qu’avec les renforcements d’offres sur les lignes Orléans – Châteauroux et Orléans – Bourges où elles effacèrent sans regrets les Z5300 antédiluviennes… mutées de la banlieue parisienne.

Toujours au sujet du matériel roulant, l’entretien et la maintenance du parc moderne nécessite une adaptation des installations de maintenance, ce qui nous conduit à abonder l’autorisation de programme dédiée aux équipements d’accueil des matériels roulants pour la porter à un montant de 1,6 M€.

A contrario, cette DM prend acte de la diminution des crédits de paiement à hauteur de 5,5 millions d’euros sur les infrastructures ferroviaires. Une diminution importante qui s’explique essentiellement par le report des travaux de remise à niveau sur la ligne Tours-Loches, travaux prévus au Contrat de Plan Etat-Région, mais que SNCF Réseau n’est pas en mesure pour l’instant de réaliser.

Je rappelle que cela concerne deux allers/retours journaliers importants à leurs heures de circulation quand on connait l’état de saturation de la RD 943 et son côté accidentogène.

Cette mesure technique est due au fait que le gestionnaire d’infrastructure manque de ressource pour continuer les travaux. Il en serait de même, dit-on, pour la transformation de passages à niveau sur la ligne à voie métrique du Blanc-Argent. Opération reportée en 2019 !

Attention aux effets pervers de ces reports.

Au sujet de la  maintenance, le groupe écologiste rappelle que SNCF Réseau, compte tenu de la « règle d’or » à laquelle elle est tenue, n’est même plus en mesure d’assurer la simple maintenance des petites lignes classées 7 à 9. Même si on n’est pas sur une compétence régionale, ayons tous conscience que c’est la pérennité de certaines lignes TER et donc du maillage ferroviaire régional qui est menacée à moyen terme.

Pour terminer sur les aspects du réseau ferroviaire, notre groupe sera vigilant quant aux projets à venir :

  • réouverture de la ligne Orléans-Châteauneuf, alors que l’enquête d’utilité publique vient de débuter,
  • transfert des Trains d’Equilibre du Territoire (TET) : maintien des engagements de l’Etat, transparence des charges, etc.
  • étude soutenue par l’Etat sur le schéma directeur du POLT (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse), axe où notre groupe a proposé le «Train à Haut Niveau de Service » (THNS).

Autre mesure technique qui concerne cette fois le transport aérien :nous prenons acte :

  • du nouveau retard dans la réalisation des bassins de rétention de l’aéroport de Châteauroux, dont les travaux doivent finalement débuter l’an prochain. Il ne s’agit pas, loin s’en faut, du premier report (crédits de paiement diminués de 0,700 m €). Nous espérons bien voir débuter très prochainement ces travaux de réalisation des bassins de rétention destinés, rappelons-le, à protéger les captages d’eau potable de Châteauroux et Déols.
  • et du report des crédits de paiement pour la construction du hangar aéronautique (- 0,365 M €).

* Plusieurs fois président du conseil (même pendant deux jours en 1950) et également ministre des finances et de l’intérieur sous la 3eme république. Il fut même ministre et secrétaire d’Etat plus de trente fois ! Un véritable professionnel de la machine politique, et sa fameuse petite phrase est incontestablement le fruit d’une expérience professionnelle riche.