DM3 sur le budget 2017 : FEADER et agriculture biologique

Intervention de Michelle Rivet

Chers collègues,

J’interviendrai sur la 3ème décision modificative apportée au budget 2017 du Conseil régional et plus particulièrement sur la partie concernant le FEADER. L’ampleur de la variation donne la mesure des difficultés d’ajustement et je salue nos services pour leur engagement face à ces difficultés. Car au-delà des problèmes spécifiques liés à la prise de gestion du FEADER, ils doivent faire face au désastre informatique du logiciel dédié aux paiements. Sur le terrain, chez les agriculteurs, c’est une accumulation de retards de paiements généralement  comblés par des avances remboursable.

Cependant j’attire à nouveau votre attention sur les agriculteurs jugés possiblement défaillants (en retard de paiements de cotisation par exemple) . Pour eux ces avances n’ont pas été versées, ce qui ajoute aux difficultés liées aux aléas climatiques de 2016.

Le FEADER, 2ème pilier de la Politique Agricole Commune, a été conçu pour financer les évolutions des pratiques.  Le financement de ce pilier paraissait acquis et ce d’autant plus depuis les prises de positions indignées d’Emmanuel Macron face au désengagement de Donald Trump sur le climat et depuis la tenue des Etats Généraux de l’Alimentation.

Ce n’est pas le cas : quand Emmanuel Macron  déclare  « on est en train de perdre la bataille du climat » ou « on ne va pas assez vite », il supprime en même temps  la part nécessaire de l’État pour les aides à l’agriculture bio du FEADER, hier la part dévolue au maintien, aujourd’hui celle dévolue à la conversion. C’est un nouveau désengagement vis à vis des Régions qui se retrouvent avec une amputation de moyens pourtant promis.

Depuis des années, les agriculteurs les plus riches, qualifiés de « plus compétitifs », sont aidés massivement via les aides européennes pour exporter sur le marché mondial.  Et depuis plusieurs années, la jeune filière bio doit répondre à un marché national en croissance à deux chiffres. Dans tout autre secteur économique, elle serait choyée et soutenue et c’est d’ailleurs le cas chez tous nos voisins européens : la conversion et le maintien en bio y sont aidés à des niveaux supérieurs aux nôtres. Dans notre pays, l’agriculture bio reste jugée par les Chambres d’agriculture comme une agriculture de niche. Et si j’en juge à  leurs interventions répétées, beaucoup d’élus de cet hémicycle s’inquiètent du trop bio et préfèrent conforter les agriculteurs sur des positions conservatrices et de défense de filières bien trop impactantes sur l’environnement.

Alors oui « on est en train de perdre la bataille » : la bataille du développement d’une agriculture  créatrice d’emplois, d’expérimentations environnementales, porteuse d’avenir pour les territoires…