Biodiversité : eau

Intervention d’Alix Téry-Verbe

Durant des décennies, nous avons bétonné le lit des rivières à coup de barrages, de retenues et de seuils multiples : 13 000 obstacles sur l’ensemble du bassin de la Loire qui bloquent le passage des espèces migratrices, mais aussi des sédiments qui contribuent également aux phénomènes d’évaporation, d’augmentation de la température de l’eau et de réduction des débits entraînant une eutrophisation impactant la qualité de l’eau et des écosystèmes. D’autres conséquences sont l’enfoncement du lit du cours d’eau, la baisse du niveau d’eau, l’accroissement des effets des inondations en aval et la déconnexion des milieux aquatiques et humides annexes.

Depuis 2007, la Région met en œuvre des contrats de rivière. Réduire le nombre des obstacles à la continuité écologique, permet au cours d’eau de retrouver très rapidement son fonctionnement et sa dynamique naturels, ce qui stimule un processus d’auto-régénération, on permet une baisse de la température de l’eau et cela conduit à une amélioration de la biodiversité. A noter par ailleurs que cela constitue également une solution rentable.

C’est pourquoi nous pouvons nous féliciter que la Région augmente son taux d’aide pour les travaux d’effacement pour le porter à 30 % (en complément de l’aide de l’Agence de l’Eau de 70%).

Aujourd’hui grâce aux contrats de rivières, le béton recule, les rivières retrouvent leurs méandres et la biodiversité est de retour.

Cette biodiversité est par ailleurs essentielle pour freiner l’arrivée des espèces invasives et améliorer la résilience des écosystèmes.

Symptômes du réchauffement climatique, de l’intensification des échanges mondiaux et de nouveaux modes de consommation, les espèces invasives trouvent dans nos espaces naturels des conditions propices à leur développement profitant souvent de l’absence de prédateurs connus dans les milieux hôtes. Si les espèces invasives sont aujourd’hui médiatisées à cause des fortes pressions qu’elles exercent sur la biodiversité locale, leur impact va bien au-delà des déséquilibres écologiques qu’elles peuvent engendrer, avec des conséquences sanitaires également. Avec des exemples notables d’un point de vue sanitaire tels que l’ambroisie (risque allergique), le moustique tigre (vecteur de maladies), le ragondin (leptospirose).

Par ailleurs dans le cadre de la crise de la Covid-19 et d’une manière générale des problématiques des zoonoses, il est avéré que la richesse de la biodiversité est un rempart pour éviter des transmissions à l’Homme.

Pour donner un exemple qui nous concerne directement : la présence du renard. Outre le fait qu’il régule les populations de micromammifères, il permet justement d’éviter la prolifération de porteur de la borréliose, qui entraîne la maladie de Lyme.

Mais la renaturation des cours d’eau même si elle est essentielle ne suffira pas. Des changements de pratiques dans tous les domaines de l’économie doivent y être associés, dans le domaine agricole bien sûr en stoppant l’épandage de biocides et d’intrants, dans le domaine industriel également, mais il ne faut pas oublier non plus le rôle néfaste des centrales nucléaires qui impacte directement le fleuve avec ses rejets d’eau chaude.

Nous avons donc toutes et tous un rôle à jouer. Associer les citoyens dans les actions liées à la biodiversité est un enjeu majeur pour réussir la sensibilisation au bien-fondé de la protection des espèces et des habitats naturels qui nous entourent.

Notre Région a un rôle d’information des citoyens qui pourront s’emparer de l’outil ORE (obligations réelles environnementales) pour protéger des sites.

Nous saluons par ailleurs la création d’un nouveau défi dès 2020 sur la thématique de la biodiversité dans le cadre des défis de la transition.