Europe : l’avenir de la PAC

Intervention de Michelle Rivet

 

Monsieur le Président, chers collègues, je voudrais saluer tout d’abord le ton et le contenu de cette contribution qui, tout en critiquant les errements administratifs que nous avons connu en matière de financements, affirme l’importance des fonds de cohésion et de la Politique Agricole Commune. Le choix doit aller en effet vers plus d’Europe mais mieux d’Europe et je fais miens les attendus du rapport qui revendique des politiques préservées dans leur dimension financière, maintenues dans leur dimension stratégique et renforcées dans leur dimension territoriale.

Je m’arrêterai sur la question de la Politique Agricole Commune.  La bataille à venir est  d’abord celle de l’existence d’une PAC  et pour la gagner il faut que les objectifs de la future PAC fassent sens pour les citoyens européens. Pour  justifier de soutiens publics, l’agriculture doit faire partie des solutions aux désordres environnementaux et non y contribuer et elle doit permettre l’aménagement harmonieux du territoire et non la désertification rurale.

Les aides doivent s’inscrire dans un horizon durable tant pour la société que pour l’agriculteur lui-même. Un exemple :  le changement climatique rend pressantes les demandes de retenues d’eau pour l’agriculture mais que se passera t il demain quand les conflits d’usage se feront plus aigus si les pouvoirs publics font droit à cette demande ? Un des objectifs majeur de la PAC sera d’appuyer l’adaptation au changement climatique plutôt que la fuite en avant aujourd’hui largement financée.

Sur l’aspect territorial et pour évoquer le sujet d’actualité de l’ICHN, un régime de compensation des handicaps est indispensable pour maintenir l’agriculture dans les secteurs les plus difficiles. Il y a en effet de forts enjeux écologiques et  socio-économiques à ce que l’agriculture soit présente partout que ce soit en terme de biodiversité, d’aménagement, de tourisme, de paysage,ou de spécificité de produits. Gageons que les technologies de l’avenir piocheront dans des ressources renouvelables et celles des prairies du Berry ou de la forêt de Sologne deviendront peut être précieuses. Le soutien nécessaire à la recherche et au développement y compris à travers les initiatives rurales avec LEADER fait en tout cas partie des arguments qui justifie les politiques de cohésion.