Faciliter la mobilité en milieu rural

Intervention de Michelle Rivet

Monsieur le Président, chers collègues,

Le rapport qui nous est soumis propose dans sa première partie « une mobilisation renforcée en faveur de la mobilité dans les territoires ruraux » et c’est sur cet aspect que portera mon intervention. L’alternative à la voiture y est en effet compliquée et je ne peux que m’inscrire dans les enjeux identifiés dans le rapport.

Ainsi il faut effectivement mieux faire connaitre l’offre et particulièrement celle des transports existants comme les transports à la demande. Car lorsque vous ne voyez pas passer régulièrement un transport devant chez vous vous n’imaginez pas qu’il existe.  Je voudrais insister sur une communication spécifique et régulière en direction des mairies rurales qu’il faut associer étroitement : elles peuvent être un relais de proximité très efficace.

L’éducation au transport en commun est indispensable via les Missions Locales par exemple pour que les jeunes ruraux prennent aussi l’habitude de le privilégier par rapport au transport individuel.

Mais elle implique que ces transports existent: l’adaptation de l’offre est le deuxième enjeu identifié à juste titre.

Il n’en reste pas moins que la priorité doit aller aux lignes ferroviaires indispensables pour les déplacements de nombreux habitants de la région et pour diminuer l’empreinte carbone de tous … Il faut défendre en particulier les lignes du Sud en grande difficulté :  je pense à Argenton sur Creuse et à Bourges Montluçon .

Cependant on ne peut parler de mobilité sans s’interroger sur les politiques d’aménagement du territoire.

Est il raisonnable de favoriser l’installation de personnes âgées dans des secteurs très ruraux déjà vieillissants alors même que le vieillissement accentue la dépendance à des services de plus en plus éloignés?

La ruralité n’est elle pas au contraire un lieu formidable d’expérimentation et d’innovation pour des jeunes attirés par la proximité de la nature, de métiers qui lui sont liés qu’il convient d’accompagner ? Ces jeunes souvent artisans d’innovations sociales et techniques peuvent être aussi acteurs de solutions dans de nouveaux modes de déplacements : co voiturage, modes partagés

Mais le mouvement des gilets jaunes montre que les problèmes de mobilité s’inscrive dans un besoin d’aménagement du territoire qui fasse lien et non qui fracture. C’est un enjeu de la transition à mener.