Faire de la biodiversité un marqueur du développement de notre Région

Intervention de Michelle Rivet

 

Je ne vous étonnerai pas en disant que la création d’une Agence Régionale pour la Biodiversité et l’Environnement est une bonne nouvelle.  C’est une bonne nouvelle pour le cadre de vie, la santé, l’avenir de chacun des habitants de notre Région. C’est une bonne nouvelle surtout pour la prise de conscience générale de l’importance de la biodiversité et pour la prise en compte de la gravité des problèmes environnementaux. C’est une bonne nouvelle aussi pour l’économie de notre Région qui est pour une part importante liée au bon état de notre environnement  (je pense à l’agriculture, la forêt mais aussi au tourisme et à la gastronomie).

Je voudrais saluer en préambule la démarche qui a conduit à cette création. Charles Fournier reviendra sur la mobilisation citoyenne qui en a été le fil rouge. Après le lancement de la démarche fin novembre 2016 un travail large de construction de l’Agence a été engagé . Les divers intervenants dans le champ de l’environnement ont été largement associés  ainsi que les divers acteurs institutionnels  à travers des groupes de travail.

Au delà de l’exemplarité de la démarche il faut rappeler qu’elle s’inscrit dans une préoccupation grandissante de la Région à la problématique de la biodiversité :

– la création de l’Ecopôle en 2008

– la réalisation du Schéma Régional de Cohérence Ecologique en 2014 et  la mise en place de la stratégie de la biodiversité

– l’observatoire régional de la biodiversité.

L’instauration d’une Agence Nationale de la Biodiversité a donc tout naturellement trouvé un écho dans l’action volontariste de la Région en la matière, comme l’indique la réorganisation dans l’ARBe des diverses missions de l’Ecopôle et de l’ORB.

Le SRADDT voté en 2011 affirme comme  ambition : « devenir une région à biodiversité positive ». Et sa déclinaison dans les Contrats de Solidarité territoriale confirme la volonté régionale avec une enveloppe réservataire de 5 % consacrée à la biodiversité dans chaque Contrat.

Grâce à cette aide, la Trame Verte et Bleue régionale du SRCE  a été déclinée dans la quasi totalité des Pays. Et à la suite des pays, les communes s’emparent aujourd’hui de la cartographie de la biodiversité avec la réalisation d’Inventaires de la Biodiversité Communale : à ce jour plus de 50 communes se sont lancées dans un IBC avec l’aide là encore de notre collectivité (80%) .

Sur le terrain, la prise de conscience est très nette et cette déclinaison de la TVB jusqu’au plus près des habitants induit une prise de conscience de la fragilité des écosystèmes locaux.  La réalité de l’effondrement des espèces devient palpable à travers la confrontation des témoignages des habitants sur le passé et la réalité des inventaires. A titre personnel, je peux témoigner des mauvaises surprises avec les sorties IBC de ma commune face à la raréfaction de bien des amphibiens, reptiles, insectes ou oiseaux, courants ils y a une vingtaine d’années…

Cet exercice à la fois scientifique et citoyen permet l’appropriation de la connaissance de la biodiversité et par voie de conséquence des enjeux de sa protection.

La lecture des fiches des divers ateliers réunis pour préfigurer l’ARBe indiquent un constat commun : l’importance d’associer un maximum d’acteurs pour avancer dans la connaissance naturaliste, pour faire réseau et pour faire émerger des projets de protection qui sont les priorités qu’on retrouve dans la feuille de route.

Pour illustrer particulièrement l’importance des réseaux, je citerai l’évolution à attendre en agriculture : elle doit s’éloigner des interventions chimiques ou mécaniques brutales qui ont des conséquences biocides majeures et mobiliser des techniques respectueuses des milieux naturels et même faisant intervenir des écosystèmes naturels. Il s’agit par exemple de favoriser la  vie microbiologique des sols, l’intervention des insectes pollinisateurs ou la mobilisation d’auxiliaires des cultures. Associer agronomes, naturalistes, agriculteurs  est indispensable dans cette reconquête.

Je conclurai sur un exemple positif  : le jardin de Gilles Clément en passe d’être créé à Noirlac. Son organisation visionnaire, basée sur l’implantation de l’abbaye dans son bocage, va la magnifier à travers la mise en valeur de son patrimoine naturel et faire de cette vénérable institution un lieu d’avant garde.

La protection de la biodiversité n’est donc pas une fin en soi mais bien une étape vers un autre rapport à notre environnement. Avec la création de l’ARBe, notre Région montre non seulement sa prise de conscience de la problématique mais aussi son choix de faire de la biodiversité  un des marqueurs de son développement.19