Formations sanitaires et sociales : augmentation des quotas en 1ère année à la rentrée 2020

Intervention de Sandrine Tricot

Monsieur le président, chers collègues, ce rapport fait suite à la plateforme santé initiée le 26 novembre dernier à la faculté de médecine de Tours. Il entend intervenir dans notre champ de compétence de formations sanitaires et sociales.

Comme nous le savons tous, notre région est particulièrement sinistrée en matière de santé. Les difficultés dépassent largement la désertification médicale puisqu’elles touchent également l’ensemble des professions paramédicales et sociales.

C’est pourquoi, nous nous devons d’être à la hauteur des défis qui nous attendent. L’objectif affiché correspond à une augmentation de 25% du nombre de places de formations supplémentaires à l’horizon 2025, c’est-à-dire demain.

Les besoins sont tels que nous devons avoir la lucidité de reconnaître que les ouvertures programmées à la rentrée 2020 ne seront qu’un pas de plus, dans la bonne direction, mais qui demandera d’autres pas.

Ce n’est cependant pas rien, pour notre Région, d’augmenter de 87 places à la prochaine rentrée le quota d’étudiants en 1ère année d’infirmiers : le coût supplémentaire annuel de ces 87 postes supplémentaires est de 1,9 million d’euros pour le fonctionnement et 372 000 € pour les bourses d’études, mais il y aura aussi possiblement des équipements complémentaires à prévoir…

Concernant les étudiants kinésithérapeutes, il faut aussi souligner l’augmentation du quota, tout en ayant bien conscience du fait que la densité des professionnels masseurs-kinésithérapeutes est de 89 pour 100 000 habitants dans notre région alors que la moyenne nationale est de 132 pour 100 000.  La réforme de leur profession en 2015, a prolongé leur formation d’un an.  Il n’y a donc pas eu de sortie d’étudiants en 2016, ce qui est venu amplifier une situation déjà tendue. De nombreux établissements de santé peinent à recruter et nos concitoyens à se faire soigner.

Pour ce qui est des sages-femmes, nous prenons acte du statu quo annoncé pour la rentrée 2020, mais nous insistons sur le fait que la pénurie de gynécologues entraîne un accroissement de leurs interventions et de leurs responsabilités. Leur nombre ne doit donc pas être sous-estimé, il va devenir rapidement nécessaire d’augmenter ce quota.

Quid de la santé mentale ?

 A l’aube du départ à la retraite des derniers Infirmiers Spécialisés en psychiatrie, la santé mentale reste un parent pauvre du système de santé dont on parle peu.

 Plus que jamais les professionnels de psychiatrie sont mal connus et stigmatisés. Or, les perspectives des besoins sont considérables.

 L’OMS estime que cette année une personne sur cinq à travers le monde sera touchée par un trouble mental, des formes les moins graves aux formes les plus sévères (qui vont du « burn out » des salariés, aux addictions dont celle aux écrans qui s’amplifient, l’accompagnement des migrants, et les plus traditionnels comme les TOC, les psychoses, les troubles obsessionnels, les troubles du développement…).

En 2015, les suicides étaient au nombre de 8948 en France soit 25 par jour et 200 000 tentatives. Et, nos territoires ruraux ne sont malheureusement pas épargnés par cette détresse. Malgré une stratégie nationale de santé en 2018 qui pose une feuille de route spécifique à la santé mentale, on peine à voir les bénéfices de ces actions.