La nouvelle gamme tarifaire Rémi

Intervention de Gérard Nicaud

L’adoption de la gamme tarifaire Rémi est un moment important de notre mandat, car c’est l’occasion, en jouant sur le prix, de donner envie de prendre les trains ou les cars affrétés au quotidien par notre Région et donc de générer un report modal des déplacements à l’échelle régionale.

Mise en œuvre en deux temps, printemps et automne, du fait de la SNCF qui renouvelle elle aussi sa gamme tarifaire en mai 2019, ce que nous venons d’apprendre du Vice-Président,

C’est également la possibilité de redonner du pouvoir d’achat à nos concitoyens, de lutter pour la défense de l’environnement et redonner le goût du transport public, notamment auprès des jeunes de notre Région.

La volonté de notre collectivité c’est de rentabiliser ses investissements et de faire du transport collectif, notamment ferroviaire, un moyen fort de la transition écologique et de lutte contre le dérèglement climatique. 

Si de gros efforts avaient déjà été réalisés au niveau des abonnements depuis la vingtaine d’années que notre Région est autorité organisatrice du transport ferroviaire, le coût des billets occasionnels, alignés sur les tarifs de la SNCF, était quant à lui relativement dissuasif. Or dans les occasionnels, il y a des gens qui se déplacent souvent, voire très souvent, même s’il ne s’agit pas de trajets pendulaires au quotidien. Et qui se surcroit ne véhiculent pas toujours une bonne image du transport collectif : bon nombre sont resté à la Micheline !

Un effort particulier est fait vis-à-vis des moins de 26 ans et ce n’est pas sans raison. C’est sans aucun doute pour ce public, coutumier de Bla Bla Car, que le prix du train est aujourd’hui le plus dissuasif. L’idée de leur donner le goût du train forme les futures générations de nos clients.

·         Avec la carte de réduction « Rémi Jeune », au prix annuel de 20 €, et même gratuite pour sur présentation d’une attestation Yep’s ou pour les jeunes ayant moins de 15 ans,  le coût d’un billet occasionnel sera diminué de 50 % en semaine et même de 66 % le week-end, ce qui par exemple en week-end ramènera le prix d’un aller simple Orléans-Tours à 7 € au lieu de 21 € : ce n’est pas négligeable et pour le coup, c’est plus que concurrentiel par rapport à l’étalon Bla Bla Car (9 € en moyenne sur Orléans-Tours).

·         Quant aux tarifs des abonnements à destination des jeunes, ils sont également revus à la baisse grâce à une limitation à 75 € mensuels. Et il ne sera plus nécessaire de justifier d’un statut d’étudiants ou d’apprenti, mais simplement d’avoir moins de 26 ans. 

Evidemment, il n’y a pas que la jeunesse et nous comptons bien attirer et fidéliser aussi les plus de 26 ans ! La carte de réduction « Rémi »sera un peu moins avantageuse que la carte « Rémi jeune »  mais elle sera quand même intéressante puisque pour un coût annuel de 30 € elle permettra des réductions de 33 %  du tarif normal en semaine et de 50 %  en week‐end.

Il y avait un enjeu à donner envie de prendre le train et avec cette gamme tarifaire il nous semble que la Région a bien compris cet enjeu. Et il faudra aussi informer nos concitoyens de cette refonte de la gamme tarifaire afin qu’ils comprennent l’intérêt qu’ils auront à prendre une carte annuelle de réduction. Sinon, il est à craindre par exemple que ceux qui prennent occasionnellement le train entre Paris et Chartres, ligne la plus fréquentée de notre Région, mais aussi ligne où le service n’est pas toujours satisfaisant, apprécient modérément de voir passer le plein tarif de 16 à 18 € ! Il faudra leur expliquer avant même l’application des nouveaux tarifs, qu’il sera facile de voyager non pas pour 18 € mais pour 12 €, voire 9 €, voire 6 € selon les cas.

Un autre enjeu sera aussi de bien faire comprendre que ces tarifs seront valables au-delà des limites de la région Centre-Val de Loire, en application d’accord de réciprocité tarifaire entre Régions. En effet, ces limites ne sont pas des frontières, et dans bien des endroits de la Région, ce n’est pas à Tours ou à Orléans qu’on veut se déplacer, mais plutôt au Mans, ou à Angers, ou à Poitiers, ou à Limoges, ou à Montluçon, etc.

Cet aspect interrégional et la réciprocité tarifaire que nous soutenons bien évidemment nous amène d’ailleurs à nous interroger sur une conséquence possible de la liberté tarifaire dont se saisissent désormais les Régions. Au-delà même des cartes de réduction, est-ce que demain un billet plein tarif Angers-Tours va coûter le même prix selon qu’on l’achète en Centre-Val de Loire ou en Pays de la Loire ? Il semblerait que non… Alors que ce sera le même train…

 J’attire néanmoins votre attention :

– sur un point qui nous a paru négatif : les conséquences du billet valable une seule journée, ce qui est déjà mis en place depuis l’an passé, nous paraissent contre-productives : comme l’impossibilité d’échanger un billet le lendemain si on n’a pas pu le prendre le jour J… ou comme des frais imposés lorsqu’on veut échanger un billet avant la date d’échéance…

la nécessité de proposer une tarification sociale pour les publics les plus éloignés de l’emploi. Nous avons bien noté qu’une discussion est en cours avec les départements et bien entendu nous devons les associer à cette réflexion, mais cela relève aussi de notre compétence propre d’autorité organisatrice de mobilité de veiller à ce qu’aucun public ne se retrouve exclu du service public que nous assurons.

l’intérêt d’une communication très efficace sur cette nouvelle gamme tarifaire, mise en œuvre en deux temps puisque la SNCF va elle-même renouveler la sienne en mai 2019.