La Région décide d’étudier les impacts des perturbateurs endocriniens, mais les élus de droite préfèrent botter en touche

En février 2017, une étude édifiante de l’ONG « Générations Futures », analysant les cheveux de sept personnalités de l’écologie en France, montrait que les sept contenaient des perturbateurs endocriniens. Cela mettait en évidence le fait que nous sommes tous exposés à ces substances chimiques, capables de dérégler notre système hormonal et qui ont un pouvoir insidieux, celui de se cacher à peu près partout. Envahisseurs invisibles et omniprésents (via l’alimentation, les cosmétiques, les jouets, les emballages, …), les perturbateurs endocriniens sont suspectés d’être à l’origine de l’explosion des cancers hormono-dépendants, notamment du sein et de la prostate, mais aussi d’une augmentation inquiétante des cas de puberté précoce, des malformations génitales,  du diabète, de l’obésité ou encore de l’autisme.

Quelques semaines plus tard, le 2 mars 2017, à l’initiative du groupe écologiste, le Conseil régional Centre-Val de Loire adoptait à l’unanimité un vœu pour une étude régionale sur l’impact des perturbateurs endocriniens sur la santé des habitants.

Ce vendredi 13 juillet, dans la droite ligne de ce vœu, la commission permanente du Conseil régional Centre-Val de Loire a décidé de lancer une consultation afin de réaliser une étude ayant pour objectif de sensibiliser les habitants de notre région aux enjeux des perturbateurs endocriniens. Cette étude aura pour objectifs :

  • de porter à la connaissance des habitants de la région leur degré d’exposition aux perturbateurs endocriniens au regard de leur localisation et de leurs pratiques quotidiennes ;
  • d’étudier l’impact de ces perturbateurs endocriniens sur des écosystèmes préalablement ciblés ;
  • de préciser le type d’actions à mettre en œuvre pour réduire l’exposition des habitants aux perturbateurs endocriniens ;
  • de permettre aux acteurs concernés d’anticiper et mettre en œuvre des mesures de prévention, voire de substitution de ces perturbateurs endocriniens, que ce soit au sein des habitations, sur les lieux de travail ou dans la conception des produits.

Le groupe écologiste s’en réjouit mais s’étonne de constater que l’unanimité n’est plus de mise. Le groupe « Union de la Droite et du Centre » (UDC, composé des élus LR et UDI), présidé par Guillaume PELTIER, qui avait voté notre vœu l’année dernière, s’est abstenu sur sa déclinaison concrète.

Il est vrai qu’à l’époque, nous étions à quelques semaines de l’élection présidentielle et que la question des perturbateurs endocriniens s’était invitée dans la campagne, au point que François FILLON avait déclaré que « le temps n’est plus au doute quant aux méfaits sur la santé des perturbateurs endocriniens »…

L’argument principal avancé par le groupe « UDC » pour justifier son abstention d’aujourd’hui est qu’il reviendrait  à l’Etat de faire ses études, et non à la Région dont ce ne serait pas la compétence directe. Ce à quoi nous objectons :

  • que cette étude sera réalisée dans le cadre d’un partenariat avec l’Agence Régionale de Santé (ARS), c’est-à-dire avec l’établissement public administratif de l’Etat chargé de la mise en œuvre de la politique de santé dans la région ;
  • que le Conseil régional, qui attribue des aides aux entreprises au titre de sa compétence économique, doit nécessairement se soucier des effets toxiques et cancérigènes auxquels nous exposent certaines activités économiques ;
  • que face à un scandale sanitaire, on ne peut pas à botter en touche.

France Nature Environnement a révélé il y a quelques jours qu’un site chimique de SANOFI à Mourenx, dans le bassin industriel de Lacq (Pyrénées-Atlantiques), rejetait à des taux astronomiques des matières dangereuses dont le bromopropane. Malgré une prise de conscience évidente ces dernières années, la guerre que se livrent les adversaires des perturbateurs endocriniens et les lobbies de l’industrie chimique est encore loin d’être terminée. Elle nécessitera de la détermination. L’abstention des élus régionaux LR et UDI montre qu’ils hésitent entre défendre les intérêts de l’industrie chimique ou la santé de nos concitoyens.

 Les élus du groupe écologiste au Conseil régional