Le climat, enfin on en parle !

Le dérèglement climatique, ses conséquences d’ores et déjà visibles et la dégradation constante de l’environnement ont été le sujet qui a animé cette session automnale, malgré les tentatives des climato-sceptiques du Rassemblement National (ex-FN) ou bien la prise d’otage permanente de notre assemblée par un Guillaume Peltier, député et vice-président de LR plus concentré sur ses ambitions nationales que sur les enjeux réels de notre région.

Jusqu’à présent, nos interventions quant aux catastrophes qui s’annoncent ne trouvaient aucun écho auprès d’une opposition pour le moins fuyante sur la question. Les signaux qui se multiplient, les appels des scientifiques, le nouveau rapport du GIEC, l’amplification des mobilisations contraignent même les plus récalcitrants à s’exprimer. Toutefois, pour la droite, il est urgent de ne rien changer : continuons à soutenir l’agriculture productiviste, à soutenir les énergies fissiles, à laisser croire qu’il y n’y a pas d’incompatibilité entre notre modèle de développement et la lutte contre le dérèglement climatique et la sauvegarde de notre environnement ! Quand le « en même temps » devient le slogan de tous les productivistes réunis : en même temps offrir un « chèque carburant » et continuer à allonger les déplacements domicile-travail ; en même temps maintenir le glyphosate et développer l’agro-écologie ; en même temps soutenir le développement de tous les aéroports et laisser croire que l’on va réduire les émissions de gaz à effet de serre…

Dans un contexte de contrainte et d’encadrement de nos budgets, le groupe écologiste a défendu la nécessité de ne rien lâcher et même de déclencher une mobilisation générale autour du défi climatique. Le débat d’orientation budgétaire pour 2019 aura été l’occasion d’exprimer ces choix, de les défendre et de montrer la capacité de notre majorité régionale à faire face à la réalité et à poursuivre le projet pour lequel elle a été choisie par les électeurs. Mise en place d’un dialogue structuré autour des enjeux climatiques, ajustement opérationnel de notre stratégie de transition énergétique, mise en œuvre de l’Agence régionale de la biodiversité, maintien des contrats de rivières, mise en œuvre de la stratégie alimentaire… : nombreux sont les marqueurs d’une politique écologiste cohérente, même si chacun a bien conscience qu’il faudra faire plus et exiger des capacités pour agir, de la part de l’Etat comme de l’Union européenne.

Nous avons initié un vœu portant cet engagement pour porter une mobilisation générale pour le climat et l’environnement et il a été voté par une large majorité. Le Rassemblement National a préféré voter contre et distiller ses doutes sur la réalité du dérèglement climatique. La droite s’est abstenue, montrant là qu’elle n’était pas prête à cette mobilisation et au déclenchement de solutions fortes à la hauteur de l’enjeu.

Tout au long de la journée et sur tous les rapports, notre groupe a exprimé la nécessité d’intégrer l’enjeu écologique dans toutes les politiques publiques, soulignant qu’il serait vain d’avancer sur un sujet pour reculer sur un autre. Agriculture, soutien au commerce en cœur de ville, politique jeunesse, sport, aucun sujet de notre session ne peut maintenant se lire en oubliant cet enjeu. Si l’on nous affuble de l’idée d’une « écologie punitive », nous répondons que c’est l’absence d’écologie qui sera punitive pour tout le monde ! Cette session nous aura permis de mesurer la faiblesse des contre-arguments face à une réalité qui nous rattrape. La défense idéologique du nucléaire, l’appel démagogique à la défense des pauvres face à cette exigence de riches que serait l’écologie alors même que les premières victimes sont les plus vulnérables, la croyance quasi mystique dans la science, tout cela devient si peu convaincant dans le contexte que nous connaissons.

Mais cette session aura aussi été celle des grandes manœuvres pour déstabiliser la majorité. A la baguette, Pierre Commandeur. Elu au Conseil municipal de Tours sous l’étiquette MoDem en 2014, puis élu au Conseil régional au nom de l’Union des Démocrates et Ecologistes (UDE) sur la liste de François Bonneau en 2015, le voici dorénavant totalement En Marche… Après avoir tout tenté pour obtenir plus que sa place de conseiller délégué et n’avoir que partiellement réussi, il a choisi de quitter son groupe, et donc la majorité, en arguant d’un désaccord de fond. Le programme qu’il avait soutenu lors de l’élection régionale et que nous mettons en œuvre n’est désormais plus le sien. Il aurait pu s’en tenir là. Au contraire, il aura manœuvré durant toute cette session pour remettre en cause la majorité issue des urnes, allant même jusqu’à porter des propos très durs contre cette majorité et des attaques personnelles contre le président.

C’est finalement en fin de soirée, à l’occasion d’un vœu présenté par la droite, qu’il a joint sa voix et le pouvoir qu’il portait avec celles de la droite de Guillaume Peltier et du Rassemblement National. Ce vœu demandait à la Région d’adopter une « charte de la laïcité » que les associations devront signer. La majorité s’y est opposée, non pas sur l’idée d’une charte (même si on peut imaginer l’efficacité d’une charte face au risque de la radicalisation…), mais sur les motivations réelles qui sous-tendaient ce vœu et sur les dangereux amalgames entre laïcité, communautarisme et radicalisation. Ainsi, des élus absents issus de l’ex Front National ont opportunément transmis dans l’après-midi leurs pouvoirs (dont l’un a été porté par Constance de Pélichy, maire LR de La Ferté-Saint-Aubin) pour qu’une majorité se dégage sur ce vote.

Face à cette situation inédite, nous ne lâcherons rien, nous réaffirmerons le projet de la majorité et sa capacité à relever les défis essentiels de notre région et de nos concitoyens. Les écologistes y mettront toutes leurs forces sans jamais accepter aucun compromis qui remettrait en cause le mandat reçu lors de l’élection de décembre 2015,  un mandat pour réussir concrètement la transition écologique et sociale en région Centre-Val de Loire.