L’empreinte écologique du numérique

Intervention de Benoît Faucheux

Monsieur le Président, chers collègues, dans certains cas le numérique est peut-être une chance pour la transition écologique et tous les secteurs économiques tentent de travailler dans cette direction. Mais il me semble que l’on ne se penche pas encore assez sur l’empreinte écologique du numérique, et je voudrais donc saluer le fait que ce rapport commence à le faire en dressant des pistes d’action pour conjuguer transition écologique et transition numérique en région Centre. Ce n’est qu’un début et il faudra certes aller beaucoup plus loin mais cela a le mérite d’exister.

Lorsque qu’on pense à l’empreinte écologique du numérique, on parle souvent de la consommation d’énergie du numérique, qui représente maintenant 10% de la consommation mondiale d’électricité. Et il ne faut pas oublier tous les minerais, dont des terres rares, l’énergie nécessaire et les gaz à effet de serre émis pour construire les équipements et les infrastructures du numérique.

En effet Internet paraît « immatériel » mais il a besoin de machines bien réelles pour exister. Fibres optiques, câbles en cuivre forment une gigantesque toile, qui relie différents types d’infrastructures : centres de données, centres de calcul, boîtiers ADSL, émetteurs Wi-Fi, antennes de téléphonie cellulaire, etc

D’après le cabinet Carbone 4, l’empreinte carbone français a stagné ces 5 dernières années car les réductions de carbone du bâtiment, du transport ou de l’industrie ont été annulées par les émissions de carbone des technologies de l’information et de la communication. Pour réussir la transition énergétique il est primordial de promouvoir un usage plus sobre du numérique, en évitant au maximum les dépenses énergétiques inutiles. Par exemple les envois de pièces jointes lourdes à toute une liste de discussion lorsqu’elles peuvent être stockées et consultées uniquement par les personnes intéressées par ladite pièce jointe. Il faut aussi promouvoir l’efficacité énergétique du secteur, c’est-à-dire réduire le besoin d’énergie pour le même service. La recherche travaille pour cela et donne d’ailleurs de bons résultats : La consommation électrique des microprocesseurs a été divisée par quarante en soixante ans, pendant que le nombre de calculs effectués par kilowattheure double tous les dix-huit mois depuis 1946. Mais il est nécessaire de soutenir les efforts en la matière tout en développant des infrastructures et des équipements efficaces, et des usages sobres.

Et il ne faut pas non plus évidemment oublier que les ordinateurs, les imprimantes, les serveurs sont remplacés très vite, sans doute trop vite, et qu’ils ne sont encore que trop peu recyclables et recyclés. L’ADEME estime que seulement 25% des déchets de ce type sont recyclés.

Dans la stratégie d’économie circulaire régional, nous avons l’ambition d’être une région exemplaire. Nous devrons prendre cette question à bras le corps, en commençant par les équipements de la région, de ses lycées, et les infrastructures de très haut débit.