Les financements publics doivent être orientés vers une agriculture durable !

La commission permanente du 7 juin 2019 a examiné les demandes d’attribution d’aides à l’innovation en agriculture dont l’une, portée par la Chambre d’Agriculture et d’un montant  de 192 602€, pour financer des outils numériques lié à l’imagerie satellite.

Le groupe des élus écologistes a voté contre cette subvention. Les écologistes ne votent pas systématiquement contre le recours au numérique dans l’agriculture, celui-ci pouvant rendre des services intéressants,  notamment contribuer à l’amélioration de la connaissance et de la gestion des fermes. Il s’agit ici de financer l’agriculture de précision, pour laquelle le numérique permettrait de réduire le recours aux intrants chimiques. L’agriculture de précision permet de cibler l’usage des intrants pour maximiser le potentiel productif sans pour autant réduire l’usage des pesticides et autres engrais.  Force est malheureusement de constater qu’en France, le recours aux pesticides va même en augmentant.

Cette aide conséquente s’adresse à un tout petit nombre d’agriculteurs. Ceux-ci ont le plus souvent les moyens de financer ces innovations et sont loin d’être les « champions de la sortie des pesticides ». Il est urgent que les Chambres d’agriculture se mobilisent totalement pour accompagner  la réduction drastique des pesticides dans toutes les exploitations et atteindre une réduction de 50% des usages à horizon 2025. 

L’Union de la Droite et du Centre a vivement critiqué le vote du groupe écologiste, prétextant que sans une agriculture productive et «moderne », nous ne pourrions pas nourrir une population mondiale qui comptera bientôt 12 milliards d’individus. Les écologistes seraient des passéistes et des pessimistes.

Au contraire, l’agriculture paysanne familiale est porteuse d’une réelle modernité au service de la préservation de l’avenir, d’un espoir optimiste pour les territoires et pour l’emploi paysan.  Actuellement, elle nourrit la majeure partie de la population mondiale. Tous les spécialistes indépendants affirment qu’une agriculture biologique peut répondre au défi alimentaire, à condition de réduire le gaspillage alimentaire, de limiter la consommation de protéines animales et de favoriser l’accès à la terre.

La situation mondiale et les accords commerciaux internationaux en cours prévoyant la suppression des protections douanières risque de fragiliser fortement le modèle économique défendu par les libéraux et les conservateurs, idéologie héritée de l’après-guerre.

Face aux risques économiques et financiers, face au défi alimentaire et face aux enjeux environnementaux, il est crucial de développer et soutenir la résilience et l’autonomie des fermes. Cette approche va de pair avec la priorité d’une alimentation de qualité et au plus proche des consommateurs. Les écologistes considèrent que l’argent public doit servir des actions et des innovations qui répondent aux enjeux de la transition écologique de l’agriculture, une transition au service d’une agriculture paysanne, rémunératrice et respectueuse de l’environnement, du climat et de la biodiversité.

Les élu-e-s du groupe écologiste au Conseil régional Centre-Val de Loire