Pour une région 100% santé : l’offre de soins

Intervention de Sandrine Tricot

Monsieur le Président, mesdames et messieurs les membres du CESER, chers collègues,

Notre système de soins, si souvent mis en avant, se meurt ! L’hôpital est en crise, ainsi que la médecine libérale. Les soignants (médecins, mais aussi infirmiers, aides-soignants, agents hospitaliers, aides à domicile, kinés, …) sont épuisés. De plus en plus, ils quittent le monde de la santé pour se reconvertir ailleurs, anéantissant ainsi les efforts conséquents qui sont réalisés en matière de formation.

L’offre de soins n’a jamais été aussi inéquitable ! Elle est inéquitable entre territoires, mais aussi entre classes sociales. Une mobilisation est donc nécessaire pour repenser une politique en faveur de notre système de soins qui dépasse la pénurie médicale, idée trop réductrice.

Il y a urgence à dépasser ces constats. Il nous faut déterminer ce que nous voulons pour demain :

  • Quelle qualité de prise en charge pour les patients ?
  • Quel accompagnement pour nos aînés ?
  • Quelles valeurs nous souhaitons porter ?
  • Pour quelle forme de solidarité,  quelle humanité ?

Même si c’est d’abord la responsabilité de l’Etat, la Région Centre-Val de Loire entend prendre sa part.

Des solutions sont testées, comme la télémédecine. Mais n’en faisons pas une solution miracle ! La télémédecine est un outil qui ne remplacera jamais une consultation médicale.

Les « Infirmiers en Pratique Avancée » (IPA) ont vu le jour récemment. Mais du fait du coût et de la durée de formation, l’accès risque d’être limité aux seuls infirmiers exerçant dans des établissements d’envergure, ceux qui peuvent se permettre de libérer un infirmier pendant 44 jours… 

D’autres possibilités s’offrent à nous et nécessitent d’être développées en parallèle, c’est l’objet de la plateforme dont nous discutons aujourd’hui :

  • La création de 150 postes de médecins salariés sur 5 ans est un très gros effort que la Région s’engage à réaliser.
  • Nous préconisons aussi la mise en place d’équipes mobiles, rattachées à un centre hospitalier de périphérique qui se déplacerait sous forme de circuit et ainsi viendraient à la rencontre des patients.
  • Le renforcement de l’accueil des étudiants (médecins, infirmiers, aides-soignants, kinés…) est crucial. Car ce ne n’est pas seulement une question de place : si un stage s’est bien passé, alors ça va donner envie de rester sur le territoire.
  • La coordination des structures d’aides à domicile est également un levier important, afin d’améliorer les conditions d’exercice des aides à domicile, chevilles ouvrières de ce dispositif, sans qui encore plus de patients viendraient gonfler les rangs des urgences ou des services de soins à l’hôpital.

En résumé, il n’y a pas de solution miracle ! On doit jouer sur de multiples curseurs pour s’attaquer résolument aux problèmes rencontrés par nos concitoyens, si nous ne souhaitons pas que les inégalités en matière d’accès aux soins continuent à grandir dans notre région !