Mesures en faveur de la viticulture suite au gel sur les vignes

Intervention de Christelle de Crémiers

 

Les vignobles des territoires de notre région ont été durement touchés fin avril. La Région Centre-Val de Loire a pris ses responsabilités. Les vignobles et les vins des territoires de notre région sont des atouts avérés, des pépites qui apportent beaucoup à l’économie locale, et que la Région devrait encore plus mettre à l’honneur dans les années qui viennent dans le cadre de sa stratégie régionale du tourisme et des terroirs. Notamment en développant des offres touristiques autour des vins de notre région et en mobilisant les restaurateurs autour de la mise en avant dans leurs cartes des vins de nos territoires.

 

C’est pourquoi la communication positive dans le contexte qui a frappé les vignerons coup sur coup en l’espace d’un mois, le gel et les inondations, est cruciale. Les vins du Val de Loire continueront à se vendre car les stocks des années précédentes sont là. . Il y a un enjeu commercial sur le temps long. L’action régionale doit prévenir le déréférencement des appellations des distributeurs et restaurateurs.

 

La Région a donc décidé, d’abord face à l’urgence, et dans la mesure où le gel figure parmi les sinistres prévus par les assurances multirisques, de faciliter l’action des vignerons auprès des services de l’Etat. Cette démarche répond à la demande numéro un des producteurs les plus touchés selon l’association Vins Bio de Loire qui a mené une enquête post-gel.

 

La Région a également choisi d’apporter aux vignerons un plan structurel pour prévenir les épisodes de gel. Le rapport présente deux mesures structurelles, l’aspersion et l’implantation de tours anti-gel. Pour ces deux mesures, il est prévu de mettre à contribution le CAP filière Viticulture, ainsi que les contrats régionaux de solidarité territoriale, voire de conventionner avec les départements. De même sera financée une étude pour le choix le meilleur entre ces deux solutions techniques.

 

Même si les tours anti-gel sont dégradantes pour le paysage, et bruyantes, et si les systèmes d’aspersions exigent de se situer à proximité d’un accès à l’eau, ce sont des solutions techniques qui fonctionnent.

 

Mais ces solutions techniques ne doivent pas nous faire oublier la nécessité de se doter d’outils de solidarité citoyenne et entre vignerons et qui ne nécessitent aucun investissement, mais seulement de l’organisation et une autre manière de voir les choses. Des solutions durables qui sont, il nous semble, mieux adaptées à la situation de dérèglement climatique dans laquelle nous nous trouvons malheureusement qui verra se multiplier les phénomènes météorologiques extrêmes ou hors saison.

 

D’autres solutions doivent donc aussi être recherchées dans une approche solidaire et collective. Il s’agit par exemple de faciliter les ventes de vin en offrant la possibilité à des vignerons qui ne sont pas négociants de le devenir de manière temporaire, et pouvoir ensuite redevenir simplement vignerons. Ou bien de susciter que les vignerons négociants puissent et acceptent de vendre les vins des vignerons non négociants.  Il s’agit principalement d’organiser des bourses d’achat de vin hors statut de négociant afin de venir en aide à tous les vignerons. A ces actions en faveur de la vente, il ya aussi des mesures de solidarité permettant une grande réactivité. Ainsi il conviendrait de mettre en place des financements participatifs d’assurances communes car les prix des polices s’envolent. Une autre piste est de réfléchir à l’auto-assurance entre groupements de vignerons. Il y a aussi des initiatives commerciales comme des cuvées spéciales solidarité avec les bouteilles et les bouchons offerts par les fournisseurs.

 

Nous voterons ce rapport et souhaitons que la Région, en tant que chef de file dans l’économie et l’agriculture, en plus de proposer des solutions structurelles techniques nécessitant un investissement, joue pleinement son rôle d’assembleur et travaille aussi à des solutions collectives et solidaires.