Portrait Charles Fournier

Mise en oeuvre des dernières mesures du Plan Avenir Jeunes en Région Centre

Intervention de Charles Fournier

 

Monsieur le Président, chers collègues, quelques mots rapides sur ce rapport que nous connaissons bien maintenant. Vous le savez, notre enthousiasme était mesuré au lancement de ce plan d’avenir pour les jeunes, tant sur sa cohérence globale que sur le contenu de certaines mesures et l’absence d’autres.

 

J’avais eu l’occasion lors de la présentation de ce plan de dire que si nous soutenions la démarche visant à articuler nos actions en direction de la jeunesse, nous estimions qu’en plusieurs aspects il nous fallait aller plus loin : plus loin dans la coopération avec les territoires, plus loin dans les moyens à consacrer à une implication renforcée de la jeunesse partout où cela est possible : vie associative, vie de l’entreprise, vie politique, vie étudiante et scolaire. Nous pensons qu’il est toujours temps d’intégrer cette priorité pour bonifier ce plan jeunes. Je crois que c’est un sujet dont la crj devrait se saisir. Au-delà delà de ces remarques globales, quelques réflexions sur les mesures présentées ici.

 

Sur l’éducation et la technologie numérique, nous partageons le souhait de la région de viser l’égalité d’accès au numérique. Nous sommes plus dubitatifs des moyens choisis pour y parvenir. Nous ne nions pas qu’il puisse y avoir de véritable intérêt à l’usage des tablettes et que celles-ci peuvent contribuer à l’innovation pédagogique, notamment par leur mobilité et les développements possibles d’applications.

Mais puisqu’il s’agit d’une expérimentation et comme cela va de soi en médecine par exemple, celles-ci doivent clairement poser sur la table la question des bénéfices et des risques. Or nous avons l’impression que le présupposé est l’intérêt pédagogique et que l’expérimentation doit l’entériner sans autre mesure des effets de l’expérimentation.

Parmi les risques qui méritent d’être approchés :

– celui du recours obligatoire au Wifi, cette technologie excluant le filaire. Même si nous savons que des mesures ont été prises pour limiter la portée des ondes et la durée d’exposition, nous restons inquiets sur cette question, surtout dans la perspective d’une généralisation.

– celui de la multiplication à l’infini du recours aux écrans, l’accès en étant ainsi amplifié. Cette question est aussi une question de société et à chaque fois que le débat a eu lieu dans les CA des établissements, du moins ceux où je siège, les parents étaient très sensibles sur le sujet. Nous ne savons pas encore toutes les conséquences de ces usages permanents et bien sur nous sommes à ce titre, nous les élus, des exemples de ces conséquences, jugées positives sans restriction par les uns et méritant une sérieuse interrogation de la part des autres.

– celui de la modification de la relation pédagogique, avec certes ses intérêts mais qui peut aussi être regardé sous un angle moins bénéfique : concentration différente, mode de raisonnement différent…

–  enfin, celui de la formation pédagogique des enseignants à ces usages qui se doit d’être concomitante même si celle-ci ne relève pas de notre compétence.

Comme le CESER, nous nous interrogeons sur l’extension possible de la mesure de prêt d’ordinateurs portables à terme, tant sur la durée des prêt, que la prise en compte des autres élèves exclus du numérique.

En conclusion, Oui au numérique, oui aux expérimentations mais cela n’exclue en rien de poser des principes d’usages vertueux, protecteurs et maîtrisés.

 

J’en arrive à la mesure 7, le soutien pour 2000 BAFA. Nous sommes favorables à cette mesure et pensons même que le BAFA constitue une formidable opportunité pour les jeunes qui l’obtiennent et ont l’occasion de pratique cette fonction, un outil très efficace d’émancipation et notamment parce qu’il permet d’exercer ce qui constitue une des fonctions fondamentales de l’adulte : s’occuper des enfants. Le système d’aide ou plutôt les systèmes d’aide et le CESER a raison de s’interroger sur l’articulation de celles-ci, doit effectivement faciliter l’inscription. Mais il doit renforcer l’accès d’un plus grand nombre à ce brevet et non seulement aider celles et ceux qui avaient prévu de toutes les façons de s’y inscrire. Ainsi l’absence apparente de conditions de ressources nous interroge. Et si effectivement c’est un levier pour que plus de jeunes accèdent au brevet alors il y a un autre enjeu connexe, c’est celui de pouvoir garantir l’accès à un stage pratique puis à des expériences d’animateur rémunérées. Car, cela peut pour celles et ceux qui ne trouvent pas ces stages, provoquer un fort sentiment d’échec. Le BAFa est pour beaucoup l’occasion de s’ouvrir sur une vocation professionnelle, particulièrement pour les jeunes en rupture scolaire. Ils apprécient souvent l’usage de principes de validation de ces brevets basés sur l’engagement et non sur les compétences de type scolaire, c’est un gage de reprise de confiance. Echoué dans ce brevet peut donc sembler être une lourde peine. Le développement de l’offre de vacances pour les enfants et donc de séjours encadrés par ces jeunes est donc un objectif à poursuivre parallèlement. Cela n’est pas directement le rôle de la région mais elle peut y contribuer. Effectivement le cadre de la réforme des rythmes scolaires peut ouvrir une voie transitoire vers la qualification dans des métiers amenés à se renforcer. Nous devons aussi avoir la préoccupation de la formation professionnelle durable de ces jeunes qui basculeront vers des emplois plus durables.

 

Quant à la mesure 9 qui concerne la mobilité avec l’offre d’un abonnement limité à 75 € aux jeunes élèves, apprentis et étudiants, nous l’approuvons même si nous avons faire connaître notre position sur la mobilité lors de l’adoption de la mesure « Mobilico » notamment. S’il y a bien un temps de la vie où celle-ci se trouve contrainte, c’est le temps de la formation et des études, pour autant cela nous invite à garder en toile de fond la nécessité de construire des cartes de formation répondant tout de même à une offre large dans les territoires pour que celles et ceux qui désirent se former là où ils vivent puissent le faire.

 

Sur les mesures sur le logement enfin, nous les approuvons largement. Nous partageons l’avis du CESER sur la nécessité d’étendre les systèmes de cautionnement et de garantie sur le logement à l’ensemble des jeunes même si l’impact financier n’en serait pas neutre. C’est dans tous les cas un chantier qu’il faut ouvrir pour l’avenir. Nous redisons également sur la plateforme e-logement la nécessite de l’articuler aux outils existants et en particulier le site Etoile mais il me semble que les choses avancent dans ce sens.

 

Je vous remercie de votre attention.