Un nouvel élan pour l’Europe !

Intervention de Sabrina Hamadi

 

Monsieur le président, mes chers collègues, l’Union européenne doit être responsable, durable, inclusive. Elle n’a d’autres choix que de prendre un nouvel élan ! Déséquilibres démographique, climatique, politique, pression migratoire, égoïsmes nationaux, populisme tendance xénophobes l’Union européenne tangue et les citoyens se sentent dépossédés.

Nous devons répondre aux inquiétudes des citoyens en dotant l’Union d’un budget à la hauteur des défis. Aujourd’hui,  c’est seulement 1 % de la richesse produite chaque année par les pays membres de l’Union européenne. A titre de comparaison, aux États-Unis, le budget fédéral représente 20 % du PIB américain.

Cela ne fait pas tout, il faut une volonté politique, mais un budget conséquent permettrait de mettre en œuvre un projet ambitieux assis sur des valeurs de solidarité et de coopération. L’Union doit avoir le courage de partager, de co-construire avec les citoyens au lieu de négocier ses directives avec les lobbys industriels et financiers de tout poil. Sans dynamique européenne, sans intégration et reconnaissance des citoyens européens, l’Europe ira de mal en pis. Et sans Europe, chacun des États qui la composent n’en sera que plus faible dans une économie mondialisée extrêmement prédatrice.

Cela ne suffit plus d’avoir un statut citoyen européen, une monnaie commune ou un marché unique, il faut plus d’intégration, plus de fédéralisme. Surtout il faut se poser collectivement cette question Quel est l’horizon européenne que nous voulons ? Quel avenir en commun ? Nous, nous prônons la nécessité de construire une communauté de destin !

Cette communauté de destin que nous appelons de nos vœux passe par une Europe de la paix, une Europe de la solidarité et une Europe engagée dans la lutte contre le réchauffement climatique. Voilà le nouvel horizon européen.

La nouvelle formule Eramus+ est un bon moyen pour faciliter l’intégration européenne et encourager la citoyenneté européenne. L’enjeu concerne des milliers de jeunes qui sont les citoyens européens de demain. Son évolution permet d’élargir le cercle (enseignants, personnels non enseignant, collégiens, lycéens, apprentis, demandeur d’emploi ou encore jeune chef d’entreprise) et cela permet de vivre une expérience riche, d’améliorer leur niveau de langue, de faire des rencontres et se créer des opportunités. Ils acquièrent de la confiance ce qui facilite l’entrée sur le marché du travail. Ils se sentent citoyens européens et même citoyens du monde.

Le développement des jumelages permet également de construire un avenir en commun et les conditions d’une paix durable dans l’Union européenne. L’étude qui a été faite par la fondation Bertelsmann montre que même s’ils continuent sur leur lancée, les jumelages n’ont aucune visibilité. Ils n’ont pas de perspectives communes comme la paix mais il faut que les jumelages correspondent aux défis du monde et de l’Europe pour une refondation citoyenne de l’Union européenne.

L’Union européenne doit changer, faire évoluer ses règles de gouvernance. La démocratie représentative est en crise, chaque élection l’atteste. Cela pose la question de la légitimité des élus qui gouvernent avec en moyenne 50 % de votants. Il y a un vide européen. Comme le dit l’expression, c’est dans le clair obscur que surgissent les monstres. Ces « monstres » sont de deux natures : d’un côté le populisme nationaliste qui bien souvent mène à la guerre et des vendeurs de prospérité, de l’autre des politiques-communicants qui demandent aux citoyens de faire confiance aux lois du marché. Quand ces derniers croient avoir l’assentiment de la population, les autres gagnent des référendums et se font élire ici et là…

Pour construire un avenir en commun, les citoyens européens doivent se sentir associés et conscients d’appartenir à une communauté de destin. Le Brexit est un bon exemple : quelles sont les citoyens britanniques qui désiraient tout simplement une Europe différente, une Europe sociale et démocratique ?

Pour construire un avenir en commun, nous proposerons un vœu pour la mise en place d’un « processus instituant citoyen » afin de demander aux citoyens européens quelle Europe ils veulent pour demain ? L’espace régional nous est toujours apparu comme l’échelon pivot dans la relation Europe/citoyens. L’échelon idéal pour décliner les politiques économiques, sociales, et écologique. L’échelon qui permet de dépasser les égoïsmes nationaux et mettre en place un lien direct entre l’Europe et ses habitants. Il nous faut nous poser les bonnes questions. Qui sommes-nous ? Comment former une communauté de destin ? Quelles sont les grands défis du monde dont dépendra l’avenir de l’Europe ? Partageons-nous des valeurs communes ? Le libre marché et le modèle économique actuelle répond-il aux nécessités du temps ? Et quelle gouvernance européenne au présent et pour l’avenir ?

Président, chers collègues, n’en déplaise à certains, il n’y a pas une « démocratie » qui reposerait sur un vote tous les 5 ans mais des processus démocratiques qui font vivre un débat susceptible d’encourager la prise de position des citoyens et la prise de décision des élus en pleine conscience et en pleine capacité d’agir. La complémentarité est la règle.

Nous pensons que les Régions de l’Union doivent être des acteurs majeurs. Il est temps de refondre le projet européen avec les citoyens et les Régions. A elles de se saisir de cette opportunité et d’être animatrices à la refondation de l’Union européenne et du renouveau démocratique.