Portrait Michelle Rivet

Nouvelle carte des « zones défavorisées » – Soutien à l’élevage

Intervention de Michelle Rivet

 

La diversité de nos paysages, de nos terroirs, de nos spécialités alimentaires est née de la répartition des agriculteurs, des paysans sur l’ensemble de nos territoires, y compris dans des régions ingrates et peu propices agronomiquement.

Et s’il y a une aide indispensable pour maintenir l’agriculture partout c’est l’Indemnité Compensatoire de Handicap Naturel (ICHN) des zones défavorisées. Hors zones de montagnes les zones défavorisées sont généralement celles où seul l’élevage à l’herbe est possible comme dans notre région. C’est pourquoi on ne peut qu’être étonné de la nouvelle cartographie des zones dites Défavorisées Simples qui exclut 477 exploitations de notre région : quels sont les critères qui ont pu entrainer l’exclusion des zones d’élevage d’Indre et Loire ou du Cher?

La réaction de la Région est donc bienvenue  et d’autant plus que les éleveurs traversent un épisode de sècheresse sans précédent qui va peser sur leur trésorerie et leur revenu.

Le groupe écologiste approuve donc le co financement de l’audit proposé par l’Etat et l’aide exceptionnelle de 2000€ par ferme en trésorerie.  Il faut y ajouter le travail à mener avec ces agriculteurs autour des (MAEC) Mesures Agroenvironementales qui pourront soutenir leur choix d’évolution  ou de maintien d’un élevage extensif .

Mais la question de fonds reste : comment  maintenir l’élevage dans des secteurs où il constitue la seule alternative agronomique ? Il ne faudrait pas intensifier le retournement des prairies permanentes et l’arrachage des haies des bocage au profit des cultures : ce sont des aberrations qui contribuent à déstocker le carbone des sols sans pour autant offrir des alternatives économiques  à long terme aux agriculteurs.

Un scenario d’évolution de l’agriculture à dix ans très interessant vient d’être présenté par L’Iddri (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales): il est centré sur l’alimentation de demain, une alimentation moins proteinée, moins sucréeplus riche en légumes et fruits et il dévolue à une agriculture débarrassée des produits chimique de synthèse un rôle majeur dans la restauration des milieux et la lutte contre le changement climatique . Ce scenario redonne toute sa place à l’élevage extensif des régions herbagères qui sont  de précieux puits de carbone et sont riches de ce qu’on appelle les infrastructures écologiques (haies, mares, arbres.. ).

Chers collègues,  demain notre Région sera toujours productrice de céréales et d’oleo protéagineux et  probablement restera t elle exportatrice. Mais l’évolution à anticiper pour son agriculture fera une place majeure aux exploitations productrices de l’alimentation de proximité et à celles qui démontreront un impact positif sur les éco systèmes. Et pour de nombreuses fermes de polyculture élevage ce sera une opportunité pour peu qu’elles se tournent vers l’agroécologie et l’AB et soient aidées à l’extensification de leur production.

Les aides à l’agriculture  doivent donc évoluer pour faire émerger ces exploitations aujord’hui peu ou pas soutenues. Il faut tourner le dos à une PAC favorisant l’export et la production massive de céréales essentiellement destinées au bétail pour aller vers une politique agricole ET alimentaire et qui soutienne les systèmes agricoles contributeurs à la lutte contre l’effondrement  de la biodiversité.

Ces enjeux doivent être sur la table des négociations de la future PAC.