Orientations budgétaires 2016 : tourisme et alimentation

Intervention de Christelle de Crémiers

 

Monsieur le president, chers collègues, l’activité économique du tourisme est porteuse d’emplois. Dans le cadre de la politique régionale de cette nouvelle mandature qui a mis l’emploi en première priorité, comme l’ont rappelé le président et Charles Fournier, le tourisme, qui est par définition une activité non délocalisable, doit être exemplaire.

Le succès de la Loire à vélo, la haute fréquentation des châteaux et des parcs et jardins, les nouveaux outils de promotion mis en oeuvre par le Comité Régional du Tourisme, et l’engagement des acteurs socio-professionnels ont permis d’asseoir la notorieté de nos marques territoriales : la Loire à Vélo, le Val de Loire, les châteaux de la Loire, la Touraine, le Berry et la Sologne.

Il s’agit aujourd’hui, forts de ces succès, d’aller plus loin dans l’effort de création d’emplois locaux, stables et choisis. Pour cela, il est nécessaire de prendre en compte avec réalisme le contexte social et le contexte environnemental dans lesquels nous sommes.

Le contexte environnemental est celui d’une crise climatique avéree. Je rappelle qu’un seul aller-retour en avion Paris-New York émet autant de gaz à effet de serre que ce que le GIEC préconise pour chacun d entre nous pour une année entière !

Le contexte social est celui de concitoyens qui ne partent plus ou pas en vacances et qui sont désormais majoritaires.

Enfin, le contexte économique est celui d’une grande instabilité des marches financiers qui peuvent a nouveau déclencher une crise économique mondiale.

La politique du tourisme doit donc à la fois prendre en compte ces crises et relever les défis de l emploi et des vacances retrouvées pour tous.

C est pourquoi la fidélisation de nos visiteurs sera l’axe principal de notre politique. Que l’on puisse dire naturellement « je vais en Val de Loire ou en Berry » comme on dit « je vais en Bretagne ou en Normandie ». Que nos territoires ne soient pas des destinations que l’on coche, mais des destinations ou l’on revient séjourner. Régulièrement.

C est pourquoi il est nécessaire que les orientations budgétaires rendent possible cette qualité de séjour qui permet de fidéliser un nombre croissant de visiteurs. Vouloir du tourisme pour tous, c’est aussi vouloir une qualité pour tous. La qualité de l accueil, du sur mesure, de la convivialité : c est une qualité fondée sur les personnes et donc créatrice d’emploi. La formation aux métiers du tourisme devra être encore plus étendue et modernisée dans son contenu. Il s agit d amorcer un cercle vertueux : qualité-formation-fidélisation-emploi.

La qualité est aussi celle du développement des itinérances douces, de l’hébergement et de la restauration. En ce qui concerne l’amélioration de la restauration, elle va s’inscrire plus globalement dans la politique alimentaire régionale qui prendra lors de cette mandature plus de relief, conformément au contexte particulier dans lequel nous sommes.

Ancrée dans la politique économique régionale, notamment à travers la promotion des produits agricoles et des terroirs, l’alimentation participe aussi de l’aménagement du territoire et de la prévention santé.

Nous avons trop longtemps et trop largement confié notre alimentation à l’industrie agro-alimentaire. Nous avons oublié de savoir d’où viennent les denrées que nous consommons, comment elles ont été produites et transformées, avec quels additifs chimiques et quels exhausteurs de gout…  Nous jetons beaucoup trop et avons perdu le goût de l authentique, et pour les plus jeunes, nous ne l’avons même pas connu. De nombreux reportages depuis quelques années éclairent d’une lumière crue et sordide les arrières cuisines de l’industrie agro-alimentaire. De quoi se sentir desamparé au moment de mettre un produit dans le caddy. On fait comment pour manger mieux ?

C est pourquoi l’axe principal de la politique alimentaire sera celui de répondre à la fameuse question du gastronome Brillat-Savarin : « dis moi ce que tu manges et je te dirai qui tu es ». Le consommateur veut savoir désormais et la Région se doit d’ accompagner le consommateur dans la réappropriation de son alimentation et de mettre en valeur le producteur et le transformateur qui répondent aux nouvelles exigences de qualité et de transparence, notamment dans le cadre de la gastronomie et des terroirs de notre région.

La Région doit aussi offrir des repas preparés avec des produits issus de l’agriculture biologique dans la restauration collective des établissements de son périmètre, et les promouvoir de manière générale.

Ainsi, les orientations budgétaires pour le tourisme, les terroirs et l’alimentation permettront de prendre en compte pleinement le contexte économique, social et environnmental actuel afin d offrir des solutions efficaces pour que les habitants de notre région aient le choix, s’ils le souhaitent, de se nourrir à la maison, au restaurant ou à la cantine, avec des produits locaux et issus de l’agriculture biologique, à un prix équitable pour eux et pour l ensemble des acteurs.