Orientations budgétaires 2020 : alimentation et tourisme

Intervention de Christelle de Crémiers

Les orientations budgétaires de l’année 2020 sont marquées une nouvelle fois par des transferts de l’État à périmètre « inconstant », des recettes contraintes et désormais le pacte de Cahors qui est une véritable atteinte au rôle des collectivités. Pris avec le pistolet sur la tempe, comme cela a été rappelé.

En parallèle, le vision du monde dans l’opinion publique change à la vitesse avec laquelle les dérèglements climatiques, la mal bouffe, les inégalités sociales s’imposent à notre perception et à notre entendement. En 2016, des responsables institutionnels considéraient encore le Bio comme une niche, les projets alimentaires de territoire les PAT faisaient plus penser à de la bolognaise qu’à de l’aménagement du territoire et un seul PAT était en construction. La stratégie régionale a mis dès le début du mandat la territorialisation de l’alimentation au cœur de son action. Trois ans après, une soixantaine de PAT ont émergé et une alimentation locale et Bio n’est plus une niche mais un défi qui doit être atteint. Douze têtes de réseau régionales sont en mouvement coordonné pour répondre à ce défi et la région copilote la politique alimentation avec l’État, alors que la loi EGALIM ne prévoit que le pilotage de l’État. Contrairement à ce que l’on a entendu dans les rangs de l’opposition, les orientations politiques du budget 2020 de la Région confortent la mise en œuvre de cette stratégie globale territoriale, économique et environnementale qui ne saurait se résumer à l’approvisionnement des lycées ou des collèges. En effet, nous sommes face à un politique de transformation des relations économiques et non seulement de remplacement des produits. Il faut bien comprendre cela si on ne veut pas juste jeter de la poudre aux yeux comme certaines collectivités le font, souvent par méconnaissance des champs des possibles.

Dans ces orientations budgétaires, la région a choisi de maintenir un effort important d’investissement à plus de 300 millions hors TET. Dans ce contexte, il faut saluer la constance de la région dans la construction de vélo routes depuis près de vingt ans. A travers les contrats Région Département notamment la Région finance jusqu’à 80% de la construction de cet équipement. Elle aura soutenu la construction de plus de 2000 km au cours de cette mandature. Cet effort ne saurait se résumer là non plus au tourisme à vélo. C’est un marqueur fort de notre Région pour le développement économique local durable et non délocalisable. Il façonne l’image « douceur et art de vivre » de notre région.