Portrait Michelle Rivet

Orientations budgétaires 2020 : eau et biodiversité

Intervention de Michelle Rivet

Monsieur le Président, chers collègues,

La présentation des orientations budgétaires est le moment d’affirmer les priorités qui nous guident, au premier rang desquelles l’action face à l’urgence climatique : je ferai quant à moi un focus sur nos politiques de l’eau.

L’actualité nous rappelle la fragilité de notre société sur cette question. Les sècheresses récurrentes affectent gravement l’agriculture, font craindre pour l’approvisionnement en eau potable. Le débit de la Loire et ses affluents a été historiquement au plus bas, alors même que nous avons vécu en 2016 des dégâts et situations dramatiques face aux inondations.

Seules des réponses coordonnées à l’échelle des bassins versants sont viables. Et la solidarité doit être la règle pour trouver des solutions : nos villes profitent de l’eau qui a manqué à l’amont puisque des villages entiers du Massif Central ont été approvisionnés par citernes cet été, l’irrigation de nos cultures a prélevé l’eau douce qui a manqué aux conchyliculteurs du littoral atlantique pour sauver leur récolte.

C’est dire l’importance d’abord de la poursuite du Plan Loire Grandeur Nature qui permet cette gestion concertée autour du fleuve et dont les outils financiers de l’Etat (CPIER) et de l’Europe (FEDER interrégional) devront être maintenus et à la hauteur des enjeux.

Notre collectivité continue ses contractualisations avec les territoires aux côtés de l’Agence de l’eau pour financer les travaux de restauration du bon état des cours d’eau. Ces travaux remettent en cause des années de travaux de canalisation, de construction de seuils, d’aménagement de sites de loisirs qui ralentissent les écoulements Il faut donc expliquer, réunir, négocier avec les propriétaires, les élus et les populations avant tout aménagement pour qu’il soit accepté. C’est pourquoi nous consacrons annuellement 1 million d’euros au financement de l’expertise, des études et de l’animation des contrats.

Il est en effet indispensable d’accélérer les travaux pour rétablir les continuités écologiques, lutter contre l’élévation de la température de l’eau qui rend propice la formation de cyanobactéries comme nous l’avons vu cet été. Des solutions fondées sur la restauration des fonctionnalités naturelles permettent de lutter contre ces désordres.

Quand notre Région affiche l’objectif de devenir région à biodiversité positive elle s’appuie sur ce type d’expériences menées dans les territoires.

Je ne peu, au terme de cette intervention, que déplorer à nouveau le mauvais procès fait aux dépenses de fonctionnement à l’heure où l’expertise et l’animation auprès du public sont une nécessité absolue pour inventer puis expliquer des mesures parfois contre intuitives pour le public et perçues comme liberticides. Or, là comme sur d’autres sujets, c’est l’inaction qui porte la limitation demain de notre accès collectif à l’eau.