Portrait Jean-Philippe Grand

Plan de dynamisation des investissements : panneaux photovoltaïques dans les lycées, politique d’achats…

Intervention de Jean-Philippe Grand

 

Je tiens à souligner ici l’engagement total de la majorité et des services de la Région afin d’apporter à tous les acteurs régionaux du BTP un soutien capital dans cette période difficile.

Nous nous sommes attachés à conforter nos investissements. Plus de 74 millions d’euros cette année, en matière de rénovation et en particulier en ce qui concerne l’efficacité énergétique, non seulement pour que l’activité de nos entreprises régionales soit maintenue mais également afin de réduire la facture énergétique qui ne cessait jusqu’alors d’augmenter année après année.

C’est dans ce cadre, et dans un souci d’exemplarité que nous avons décidé le plan photovoltaïque qui représente un investissement d’1,2 M€ et dont l’objectif est de couvrir le bruit de fonds, cette consommation minimale dans nos lycées liée à l’utilisation des ordinateurs, des frigos dans les restaurants scolaires ou de l’éclairage.

Montrer par l’autoconsommation que la transition énergétique est en marche en région Centre, aider la filière photovoltaïque régionale à se structurer, anticiper la forte augmentation de l’électricité des années à venir et prouver que la voie de la production d’électricité grâce aux énergies renouvelables et en particulier grâce à l’énergie solaire est celle de l’avenir : c’est l’objectif de ce plan ambitieux et raisonnable à la fois.

Ambitieux car tant qu’il y aura du soleil, il y aura de la vie sur terre et je ne comprends pas qu’on ne mette les mêmes efforts dans la recherche sur le photovoltaïque que ceux qu’on a mis pour le nucléaire il y a un peu plus de 50 ans.

Et raisonnable car dans notre calcul le plus pessimiste, le retour sur investissement est inférieur à la durée de vie des panneaux . Calcul pessimiste car le rendement et donc les kwh produits pour une même surface augmentent très fortement depuis quelques années et que l’électricité devrait être bien plus chère si l’on tenait compte de tous les coûts induits par la recherche ou le démantèlement à venir des centrales. C’est ce pari raisonnable que nous faisons pour un montant qui représente à peine la moitié du prix d’un gymnase.

Un mot encore à propos de nos chantiers et de l’importance que nous attachons à la qualité des travaux. Nous nous sommes dotés d’outils pour que notre volonté politique soit suivie d’effets, vous vous en doutez bien. A ce titre la direction des achats est solidaire de la direction du patrimoine.

Un prix n’est pas qu’un indicateur en euros de la valeur d’un bâtiment. Il est fait des matériaux, des conditions de mise en oeuvre, et dit ce que nous coûtera l’ouvrage dans le temps : sa pérennité, sa maintenance, sa facture énergétique, sa possibilité à s’adapter aux nouvelles pédagogies qui influeront les lieux, les matériels.

Le prix est aussi l’indicateur clair que la Région Centre attache à son territoire. A travers lui, nous disons notre volonté de reconnaissance des savoir-faire de nos entreprises, permettons de développer ce savoir-faire en initiant par la commande publique une excellence énergétique. Et nous préparons les entreprises et les hommes qui la font aux enjeux de demain. Il nous faut être vigilant afin que notre politique d’achat ne soit pas lue comme une quête du moindre coût, faute de quoi le marché saura s’adapter pour y répondre en ayant recours à la main d’oeuvre déplacée, en mettant en oeuvre des matériaux issus d’autres territoires, peu soucieux de la politique sociale. L’idée est et devra être d’orienter notre politique d’achat pour évaluer l’efficience de l’euro dépensé, en terme de coût social, de coût environnemental, de coût sur la santé, de coût global et de valeurs d’usages. L’excellence de la Région Centre ne peut être faite que de la seule performance technique immédiate, acquise au prix le plus bas. C’est l’engagement que je prends, que nous prenons devant vous aujourd’hui.