Plan déchets : les déchets sont partout

Intervention d’Estelle Cochard

Cher Président, chers collègues, nous savons tous que le meilleur déchet est celui que nous ne produisons pas.

L’ambition et le fil rouge de ce PRPGD, c’est de réduire nos déchets, voire de tendre vers le « zéro déchet » car c’est la voie pour un avenir soutenable de notre humanité.

« Aujourd’hui, les déchets sont partout »

Dans l’air, les sols mais aussi les océans.

Pourtant, ces océans sont de formidables puits de carbone au point d’en être les plus importants de notre planète. Nous savons tous aujourd’hui l’importance de ce rôle dans la bataille engagée contre le réchauffement climatique.

Le phytoplancton est le principal acteur de cette « pompe biologique » océanique. La photosynthèse, qui permet la croissance et le développement du phytoplancton, consomme de grandes quantités de CO2, le carbone est ainsi fixé dans les organismes. La chaîne alimentaire fait le reste.

Mais, chers collègues, les déchets continuent d’aller dans les océans et les océans étouffent. Aujourd’hui, les micro et nano particules de plastique forment une soupe, la plastisphère (le plastique ne se dissout pas, il se fragmente). En intégrant la chaine alimentaire, ces plastiques enrayent inexorablement cette pompe à carbone.

On peut hélas décrire les pollutions de l’air ou des sols avec les mêmes enjeux.

« Incinérez ce déchet que je ne saurai voir ! »

Face à ces pollutions, la facilité de l’incinération est grande. Cette pratique, loin de régler le problème, engendre d’autres pollutions dans l’atmosphère au point que la loi tend à diminuer ces techniques et même à les interdire en cas de non valorisation énergétique dès 2031.

L’incinération bien qu’encore nécessaire, ne peut plus être une priorité. Cette technique fait peser le risque de justifier la production de déchets par le besoin de « nourrir » des équipements aujourd’hui en surcapacité. Dans notre région, les 9 incinérateurs peuvent traiter 650 000 tonnes alors que nous en produisons 530 000 tonnes. Cette surcapacité existe aussi dans mon département en Eure-et-Loir.

L’ordre de priorité des actions à mener est inscrit dans le PRPGD :

  1. Réduire/prévenir
  2. Réutiliser/réemployer/réparer
  3. Et seulement en 3ème, Recycler

Pour tenir compte de ces priorités, la question démocratique est essentielle car on ne pourra pas transformer les comportements, les procédés techniques et les habitudes qui en découlent sans l’adhésion et la participation de tous.

Cette nécessité correspond au 1er objectif transversal du PRPGD : « développer des démarches de mobilisation et de participation citoyenne autour des thématiques déchets et économie circulaire ».

Rappelons enfin la nécessaire exemplarité de notre collectivité en la matière et plus particulièrement dans nos lycées et nos établissements de formations sanitaires et sociales.

Ce sujet sera partagé, échangé, débattu, mis en projet à l’occasion de la 5ème édition des assises nationales des Maisons des Lycéens qui se tiendra à Blois du 21 au 24 novembre 2019 avec pour thématique « Mobilisés pour le climat et l’environnement ».

Notre groupe salue le travail effectué par les citoyens, les services et les élus pour construire ce plan exigeant.

Nous voterons bien sûr favorablement.